Loi du 23 février 2005 : Nostalgie coloniale à l’Assemblée nationale : le best of !

lundi 11 décembre 2006
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Le 23 février 2005 l’Assemblée nationale votait un article de loi scélérat sur le "rôle positif" de la colonisation alors que pendant plus de quatre siècles la France a participé activement à la traite négrière, à la déportation des populations de l’Afrique, a massacré et imposé la loi de l’indigénat et du code noir sur des dizaines de peuples dont elle a pillé les richesses, détruit les cultures et les Etats, ruiné les traditions, nié l’histoire, effacé la mémoire.

Vous trouverez ici, des extraits "choisis" du débat au parlement et au sénat...

M. Christian Vanneste.( UMP, Nord, 10ème circonscription)

Madame la présidente, monsieur le ministre, mes chers collègues, la France a toujours oscillé entre la valorisation excessive de certains faits historiques et le silence honteux sur certains autres. Le mérite de ce texte est d’éviter ces deux écueils, en exprimant la reconnaissance de la nation envers ceux qui ont construit, fait vivre et défendu ce que l’on appelait l’Empire.

Michel Diefenbacher, dans le rapport qu’il a rédigé à la demande du Premier ministre, avait souhaité que la nation accorde à l’épopée de la France d’outre-mer la place qui lui revient dans l’histoire de notre pays. Je souhaite qu’il soit entendu.

D’abord, ils devront faire connaître à tous les jeunes Français le rôle positif que la France a joué outre-mer. C’est d’ailleurs dans la ligne du fondateur de l’école publique, Jules Ferry, qui avait souhaité que la France fasseœuvre scolaire, éducative et sanitaire dans les pays d’Afrique ou d’Asie ; on l’avait d’ailleurs surnommé le Tonkinois.

Cet amendement est identique à celui de la commission. Je voulais néanmoins rappeler qu’il y a deux fondements à la citoyenneté : le droit du sol et le droit du sang. Les harkis, eux, sont citoyens par le sang versé. C’est dire qu’ils sont sans doute plus citoyens que d’autres et que nous avons le devoir de les défendre plus que d’autres contre toute insulte et contre toute atteinte ! Telle est la motivation essentielle de l’ amendement n° 37.

Le sous-amendement 59 à l’amendement 21 et le sous-amendement de coordination 58 tendent à mieux faire connaître aux jeunes générations le côté positif de la présence française en Afrique et en Asie, dans la ligne voulue par Jules Ferry, et à souligner le rôle éminent joué par les soldats originaires d’Afrique du Nord qui ont combattu sous le drapeau français au cours des deux guerres mondiales.

La citoyenneté s’acquiert par le droit du sol ou par le droit du sang. Les harkis, citoyens par le sang versé, et donc en quelque sorte plus citoyens que d’autres, doivent plus que d’autres être défendus contre toute insulte. Tel est l’objet de l’amendement 37, identique à l’amendement 22.

M. Jean-Pierre Soisson (UMP, Yonne, 1èrecirconscription) Je viens d’apprendre le décès cette nuit, dans les Vosges, du colonel Antoine Argoud qui fut le chef de corps du troisième régiment de chasseurs d’Afrique et mon chef de guerre en Algérie. L’armée avait surnommé le Petit Prince ce soldat exceptionnel qui avait une connaissance sans pareil du terrain en Afrique. Je ne l’ai pas suivi dans toutes ses initiatives car, serviteur de l’Etat, je pensais qu’on ne pouvait pas se rebeller contre l’Etat. Je souhaite aujourd’hui, en votre nom à tous, avoir une pensée pour le très grand soldat qu’il fut.

M. Jacques Bascou (PS, Aude, 2èmecirconscription)

Par l’amendement 78, le groupe socialiste veut améliorer le texte dans une direction à laquelle s’est montré sensible également M. Vercamer. (...) Chacun reconnaît l’oeuvre des Français d’outre-mer. Mais la reconnaissance doit aussi entraîner la responsabilité, qui ouvre droit à réparation, comme on l’a fait pour Vichy. C’est pourquoi nous avons demandé une mission d’enquête pour établir ces responsabilités et assumer notre histoire.

M. Christian Kert, (UMP, Bouches-du-Rhône, 11èmecirconscription)

En même temps, la plume qui l’a écrit est trempée dans l’histoire puisqu’il s’agit de faire table rase d’un certain nombre d’idées reçues, notamment celle reprise tout récemment par un universitaire dans un grand quotidien du soir, selon laquelle l’aventure française en Algérie ne serait qu’une abominable période coloniale. Votre projet affirme le contraire et les parlementaires que nous sommes - pris à partie par cet article - pouvons être fiers d’avoir complété le texte initial en mettant l’accent sur la reconnaissance de la nation à l’égard de cetteœuvre accomplie, des souffrances endurées et des sacrifices consentis par cette double communauté.

oui, en commission, j’ai bien affirmé au cours de nos débats que, rue d’Isly, des Français étaient tombés sous des balles françaises. Ce n’était pas pour dédouaner l’État de sa responsabilité. C’était simplement pour dire : « ceux-là, tombés dans le soleil d’Alger, parce que leur courage les avait jetés dans la rue pour clamer leurs convictions, ceux-là sont tombés, par une tragédie de l’histoire, sous des balles françaises qui auraient dû les protéger, ceux-là, méritent plus que d’autres notre mémoire et notre affection. »

M. Rudy Salles. (UDF, Alpes-Maritimes, 3èmecirconscription)

Nous avons déposé plusieurs amendements, qui demandent notamment : la reconnaissance de l’œuvre positive accomplie par les rapatriés ; La France a un devoir de mémoire et de reconnaissance envers ceux qui ont bâti son empire ; elle doit être fière de sonœuvre civilisatrice, en particulier en Afrique du Nord.

M. Michel Diefenbacher.

Reconnaissance d’abord, de tout ce qui a été fait pour que vive la « plus grande France » ; Reconnaissance ensuite, de ce qui a été subi là-bas au moment de l’indépendance, et ici lorsqu’il a fallu se replier sur l’hexagone. Mais l’essentiel n’est sans doute pas là. L’essentiel, c’est de rétablir, de proclamer et de transmettre la vérité sur l’extraordinaire aventure de la colonisation et sur la tragédie qui a marqué, pour tant de Français, la fin de l’Empire. Il est de reconnaître l’œuvre accomplie par ces pionniers, ces bâtisseurs, ces ingénieurs, ces agriculteurs, ces hommes de loi, ces fantassins, ces médecins, ces enseignants que furent les colons ;

Jamais le législateur n’avait pris position aussi clairement sur le sens à donner à l’histoire de la colonisation, sur le rôle positif joué par la présence française outre-mer, sur la volonté de la nation d’établir et de conserver la vérité sur ces pages de notre histoire, ainsi que sur l’engagement solennel de transmettre la connaissance exacte de ces événements.

Il importait que, tous ensemble, nous rendions à cette aventure humaine sa dimension historique, bien qu’imparfaite. Chacun s’accorde aujourd’hui à reconnaître que la présence française outre-mer a été un grand moment de l’histoire de notre pays, en même temps qu’une étape majeure du développement et de la modernisation économique, sociale et intellectuelle de ces pays.

M. Francis Vercamer (Udf Nord, 7ème circonscription).

La première concerne l’expression officielle de la reconnaissance profonde de la nation pour l’action de développement entreprise par les Français établis outre-mer, une œuvre qui a contribué au rayonnement de la France.

Je ne doute pas de la bonne volonté de tous : beaucoup, dans le passé comme aujourd’hui, se sont prononcés sur le drame des harkis et ont ardemment défendu leur cause. Je pense notamment à mes amis Christian Vanneste et Patrick Delnatte, qui sont députés de l’agglomération tourcainoise et avec lesquels j’entretiens de nombreuses relations sur le problème harki. Le temps n’est plus aux discours, il est aux actes. De même que nous avons honoré, il y a quelques jours, les combattants qui ont sacrifié leurs vies le 6 juin 1944 pour que la liberté et la démocratie ne demeurent pas de vains mots, de même que nous voulons transmettre ce magnifique héritage à notre jeunesse, de même que nous voulons que l’histoire, parfois cruelle, serve à construire un avenir meilleur, c’est-à-dire de paix, de même je souhaite que nous honorions ces hommes et ces femmes qui ont combattu, avec courage et fierté, pour leur patrie, sous son drapeau, sur tous les fronts où la France était engagée. Ce sont ces héros, anonymes et modestes, que nous évoquons aujourd’hui : ceux qui ont servi dans les tranchées sanglantes de Verdun, ceux qui ont défendu, pied à pied, vie à vie, les pentes de Monte Cassino en Italie, ceux qui ont participé, après la campagne d’Italie, à la libération du sud de notre pays, ceux qui ont vécu les affres de la cuvette infernale de Diên Biên Phu, ceux qui étaient dans les rangs de notre armée, dans les Aurès, les villes et les villages de l’Algérie encore française, ceux qui, en un mot, ont cru en notre patrie et son drapeau et ont, souvent, fait le sacrifice de leur vie. Ils ont payé tragiquement leur bravoure. La guerre d’Algérie, en changeant le cours de notre histoire, a changé dramatiquement le cours de la leur et brisé leurs destins. M. Jean-Pierre Grand (UMP, Hérault, 3ème circonscription).

L’immense majorité de nos amis rapatriés et harkis attendaient de la République qu’elle reconnaisse l’oeuvre civilisatrice de la France outremer, et en particulier dans nos anciens territoires d’Algérie, du Maroc et de Tunisie. L’article premier, en disant la reconnaissance de la nation à l’égard des hommes et des femmes qui ont travaillé pendant plus d’un siècle sur ces terres qu’ils ont aimées et défendues, scelle la réconciliation nationale. C’est l’honneur de notre majorité de tenir ainsi ses engagements.

Les communistes, eux, soutenaient le FLN !

M. Robert Lecou.(UMP, Hérault, 4ème circonscription).

L’histoire de France doit rappeler l’œuvre de la France d’outre-mer, où des générations de toutes conditions et de toutes religions ont participé avec courage au développement de territoires. Si ces gens ont contribué au rayonnement de la France dans le monde, ils ont aussi participé à la modernisation de ses territoires, ils y ont construit des routes, des ports, des aéroports, des écoles, des hôpitaux et bien d’autres équipements utiles au développement, au savoir ou à la santé. Il faut le dire à nos enfants dans nos écoles, une grande œuvre a été accomplie et elle mérite le respect. Cette reconnaissance rappellera l’action des Français partis s’installer outre-mer et entraînera le respect pour celles et ceux qui avaient choisi la modernisation de leur pays. Je pense aux rapatriés, qui ont dû laisser leur bien et une part de leur vie. Je pense à ceux qui, à l’époque, ont fait confiance à la France en agissant à ses côtés, ont fait confiance à cetteœuvre pour défendre des valeurs de progrès et d’humanité, et qui ont dû quitter leur terre. M. Lionnel Luca. (UMP, Alpes-Maritimes, 6èmecirconscription)

Il nous faut surtout exprimer notre reconnaissance à nos compatriotes qui ont travaillé, bâti, éduqué, soigné, développé les peuples de ces territoires où flottait notre drapeau. Ils ont été les meilleurs ambassadeurs des valeurs de notre République et la France le leur a bien trop mal rendu jusqu’à présent.

Plus encore, il faut que toutes les communes de France comptent une place, une rue, un boulevard, un carrefour de la France d’outre-mer, qui rappelle ce qu’a été l’œuvre de la France. Il nous faut écrire l’histoire et l’enseigner pour que les enfants de notre pays sachent que la France n’a pas été colonialiste mais colonisatrice, qu’elle a transmis aux peuples les valeurs républicaines et formé leurs élites dirigeantes, dont certaines ont siégé dans cette enceinte avant d’être parfois admises à l’Académie française. La colonisation française a fait œuvre d’intégration et l’armée française s’est comportée de manière telle que les enfants et petits-enfants de ceux qui l’ont si bien servie et sont morts pour elle n’ont pas à en rougir.

Le paradoxe veut que cet hommage ait d’abord été rendu par les peuples que nous avons dirigés, à travers la francophonie dont la colonisation est le socle. Les quelque cinquante États qui aujourd’hui y participent affirment qu’ils se reconnaissent dans nos valeurs, à travers notre langue, notre culture, notre histoire, qu’ils veulent continuer avec nous dans l’indépendance. Voilà pourquoi il n’est que temps d’affirmer à notre tour notre fierté de l’œuvre accomplie pour nos compatriotes en outre-mer. Le temps de la mauvaise conscience et de la repentance à quatre sous est terminé.

Comme l’exprime si bien le Chant des Africains, qui, comme La Marseillaise, est un hymne d’amour à la patrie, nos compatriotes déracinés ont porté haut et fier le beau drapeau de notre France entière. Ils en ont été dignes, plus que bien d’autres. À eux tous, nous disons merci. (Applaudissements sur les bancs du groupe de l’Union pour un mouvement populaire.)

Cécile Gallez (UMP, Nord, 21èmecirconscription) je me sens particulièrement concernée, en tant qu’élue du Nord et en tant que Française, par un texte qui va permettre à la nation d’exprimer toute sa reconnaissance aux hommes et aux femmes qui ont participé à l’œuvre accomplie par la France dans ces territoires. Hommage et reconnaissance pour ce qu’ont fait tous nos pionniers, nos colons sur les terres d’Asie ou d’Afrique et dont nous pouvons être fiers car ils ont participé au développement économique de ces territoires, alphabétisé, soigné, apporté des valeurs de démocratie qu’ils ont laissées en héritage.

M. Kléber Mesquida. (PS, Hérault, 5èmecirconscription)

Permettez-moi de saluer tous nos compatriotes provenant de ces contrées où ils ont, tout comme leurs ancêtres, contribué à l’œuvre civilisatrice de la France. Monsieur le ministre, votre projet de loi comporte deux volets : l’un concerne la reconnaissance et l’autre l’indemnisation. Dans l’exposé des motifs, vous soulignez l’importance du rôle de la France et ses apports dans les domaines scientifiques, techniques, administratifs, culturels et linguistiques. Il est vrai que cette œuvre a été accomplie avec les moyens qu’y a consacrés la France, mais aussi avec le concours des populations autochtones, ces descendants des Phéniciens, des Byzantins, des Arabes, des Berbères, des Turcs, mais également de « Français transportés » de 1851, de pieds-noirs, d’Alsaciens, d’ouvriers parisiens, d’immigrés espagnols, italiens, maltais et bien d’autres, qui formèrent ce creuset de civilisations et de nationalités. Au fil du temps, l’abnégation dans la contribution au développement du territoire se renforça lorsque la patrie fut menacée par les guerres. Je me permets, à ce stade, de citer le Président de la République : « La France, patrie des lumières et des droits de l’homme, terre d’accueil et d’asile, la France, ce jour-là, accomplissait l’irréparable. » Il s’exprimait ainsi le 16 juillet 1995 à Perpignan, lors d’un hommage aux déportés de la Seconde Guerre mondiale. Cette citation pourrait très bien se situer dans le contexte de l’après- 19 mars 1962 dans ces départements alors français, où la France, toujours d’après le Président de la République, « n’a pas su protéger ses ressortissants ». Ils sont morts français ; ils sont aussi morts pour la France.

M. Jean-Pierre Grand. (UMP, Hérault, 3èmecirconscription)

Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, l’immense majorité de. nos amis rapatriés et harkis attendaient de la République qu’elle reconnaisse l’œuvre humaniste et civilisatrice de la France outre-mer et en particulier dans nos anciens territoires d’Algérie, du Maroc et de Tunisie. L’article 1er du présent texte peut être considéré comme le plus important puisqu’il affirme l’expression de la reconnaissance nationale à l’égard de l’œuvre accomplie par ces femmes et ces hommes durant plus d’un siècle sur ces terres qu’ils ont aimées, travaillées et défendues. Nous serons donc désormais très attentifs à l’enseignement de l’histoire et au contenu des manuels scolaires dans les écoles de la République. Il importera qu’ils transmettent la vérité historique de l’œuvre de la France outre-mer et en Afrique du Nord en particulier.

M. Jean Leonetti. (UMP, Alpes-Maritimes, 7èmecirconscription)

Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, il y a aussi en politique de belles histoires. Je me souviens d’avoir participé avec Michèle Tabarot à une réunion de rapatriés et de harkis sur les bords de la Méditerranée. Une femme âgée s’est approchée de nous et nous a dit : « Nous savons qu’aujourd’hui les indemnités ne viendront pas, ou plus. Mais nous voudrions que vous arriviez, un jour, à dire à l’Assemblée nationale que ce que nous avons fait collectivement, en Algérie, c’était bien. » J’étais venu vous voir à ce moment-là, monsieur le ministre, et nous avions, avec plus d’une centaine de collègues, dont M. Douste-Blazy, déposé une proposition de loi intitulée « Reconnaissance de l’œuvre positive des Français en Algérie ». Nous avions encore le sentiment que c’était un peu « politiquement incorrect ». En 2003, pendant l’année de l’Algérie en France, nous avons été nombreux à être déçus, non que l’on parle de l’Algérie et des ressortissants algériens en France, mais que l’on ne mette pas assez en évidence la réalité historique : la présence de la France pendant plus de cent ans de l’autre côté de la Méditerranée et son œuvre positive. Monsieur le ministre, je suis particulièrement heureux de constater que la représentation nationale va reconnaître l’œuvre de la plupart de ces hommes et de ces femmes qui, par leur travail, leurs efforts et quelquefois au prix de leur vie, ont marqué pendant plus d’un siècle, la présence de la France de l’autre côté de la Méditerranée. (Applaudissements sur les bancs du groupe de l’Union pour un mouvement populaire.) Alors que j’assistais, avec Michèle Tabarot, à une réunion de rapatriés sur les bords de la Méditerranée, je me souviens d’une vieille femme s’approchant de nous, nous expliquant qu’elle avait fait son deuil des indemnisations mais qu’elle espérait de tout c_ur qu’un jour, nous fassions valoir à l’Assemblée nationale l’importance de l’oeuvre collective des Français d’Algérie. Lorsque avec une centaine de collègues, dont Philippe Douste-Blazy, nous avons déposé une proposition de loi intitulée « Reconnaissance de l’oeuvre positive des Français en Algérie », tout en ayant le sentiment que cette initiative était « politiquement incorrecte », je pensais à elle.

M. Daniel Spagnou. (UMP, Alpes-de-Haute-Provence, 2èmecirconscription)

La France doit être fière de son œuvre civilisatrice, en particulier en Afrique du Nord. Sans la France, l’Algérie d’aujourd’hui n’existerait pas. C’est la France qui lui a donné son territoire et son identité, qui l’a organisée et développée. L’œuvre de la France outre-mer est méconnue et déformée, voire calomniée, sous le vocable de « colonialisme ». Cette œuvre doit être réhabilitée, car c’est elle qui a donné naissance à la francophonie. Les quelque cinquante États qui y participent sont tous issus de notre empire. (...) Elle s’attachera en outre, par des publications appropriées, à rétablir la vérité historique concernant l’oeuvre civilisatrice de la France en Afrique du Nord, la guerre d’Algérie et les semaines qui ont suivi le cessez-le-feu. M. le Ministre délégué - Reconnaître l’oeuvre accomplie par nos compatriotes outre-mer est un devoir, reconnaître les sacrifices et les souffrances participe également du devoir de mémoire. Cela répond à une attente légitime des rapatriés de toutes origines. L’édification du mémorial de la France d’outre-mer à Marseille prouve que nous n’oublions pas notre histoire. Le Gouvernement est favorable à l’amendement 20 et souhaite le retrait des autres.

M. Hamlaoui Mekachera, ministre délégué aux anciens combattants.

Pour les rapatriés de toutes origines, le vote de cette loi est un moment fort, historique. Ce texte fera date, j’en suis sûr : pour la première fois, plus de quarante ans après la fin de la guerre d’Algérie, la nation reconnaît l’œuvre accomplie par nos compatriotes outre-mer. Après quarante années de débats, de polémiques, parfois d’invectives ou de calomnies, la loi, expression de la volonté générale, manifeste la reconnaissance de la France pour ceux qui ont bâti sur tous les continents, notamment en Indochine et en Afrique du Nord, une œuvre aussi bien matérielle que culturelle. Les mots si émouvants que vous avez prononcés dans cet hémicycle pour qualifier cetteœuvre resteront longtemps dans leurs cœurs. Ces dispositions ne seront pas sans lendemain, puisque la Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie est en cours de constitution. À la demande du Premier ministre, le préfet honoraire Benmebarek conduit une mission de préfiguration. Il remettra son rapport dans quelques mois. Cette fondation sera le lieu privilégié du débat, de la recherche et de l’étude historique. Il appartient aux historiens d’écrire l’histoire, sans passion ni arrière-pensées partisanes.



Commentaires

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mardi 4 juin 2013 à 20h55 - par  alghilventne1989

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samedi 25 mai 2013 à 20h27 - par  nico
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mercredi 6 juin 2007 à 13h52 - par  celestin

Le peuple français porte trop d’importance aux symboles de la république en méconnaissant les valeurs qu’ils incarnent. Il faut plus inscrire dans nos quotidiens les symboles afin de ne plus stigmatiser leur présence, ils doivent être désacralisées, à commencer par le drapeau. A une époque où la concision est d’usage (clip, SMS, commentaire sur le net laconique,etc...) et la mixité des thèmes obligatoire (pas de politique sans people, pas de sport sans business, etc...), pourquoi n’utilise-t-on pas la place du drapeau pour mettre autre chose que des drapeaux (logo de marque, opinion référendaire : oui, non, etc...) ? Et inversement, quand un espace publicitaire est inoccupé, pourquoi ne pas le pavoiser aux couleurs de la nation ?