Film-débat : Dette : outil implacable du néocolonialisme

dimanche 17 février 2008
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Film-débat autour du film “Life and debt” :

La spirale infernale de la dette comme outil implacable du néocolonialisme.

Jeudi 21 février 20h : Au Centre Culturel la Clef (21 rue de la Clef, 75005 PARIS, métro Censier) organisée par le CADTM :

Au travers de cette soirée qui débutera par la projection du film de Stéphanie Black, « Life and debt », la problématique de la dette et l’assujettissement des pays en développement (PED) seront développés à partir du contexte jamaïcain. Partant du constat que la spirale infernale de la dette participe à l’expansion de la domination des pays du Nord sur les pays du Sud, nous tenterons d’expliciter les mécanismes qui imposent ce diktat.

A la suite de la « décolonisation », les pays du Sud sont contraints d’emprunter aux grandes banques occidentales pour financer leur développement. Dans le contexte de crise internationale du capitalisme (hausse du prix du pétrole et crise de liquidités), les créanciers du Nord vont largement encourager les emprunts des pays du Sud. Devant faire face à des mouvements politiques et sociaux importants au niveau mondial, ces créanciers n’hésiteront pas à financer, à l’aide de prêts, des régimes totalitaires, tout en se défendant d’une quelconque intervention dans les choix politiques de ces pays. L’étau se resserre brutalement en 1979 lorsque la Réserve Fédérale des Etats-Unis décide unilatéralement d’augmenter fortement les taux d’intérêts. Les pays du Sud se retrouvent alors pris dans le piège de la dette.

Incapable de faire face aux échéances de remboursement, les pays du Sud doivent continuer à emprunter à des taux très élevés afin de rembourser les créanciers des pays les plus industrialisés. En août 1982, le Mexique est le premier Etat à déclarer qu’il ne peut plus rembourser ses dettes. Il sera suivi par tous les pays du Sud : c’est la crise de la dette !

Or la Banque mondiale et le fond monétaire international (FMI), censés réguler le système et prévenir les crises n’ont rien vu venir. Leur seule réponse à cette crise est de continuer à imposer à des pays en situation de faiblesse un modèle unique de politique néolibérale qui, à travers les programmes d’ajustement structurel, étrangle les populations et annihile toute volonté de réforme. Entre 30 et 40 % du budget des PED sont aujourd’hui consacrés au remboursement du service de la dette au détriment des services sociaux (éducation, santé…). La dette, en maintenant à genoux les pays débiteurs, constitue de fait une nouvelle forme de colonisation.

L’incapacité du FMI à résoudre les différentes crises financières et l’accroissement des inégalités dues aux actions des deux institutions contredisent dans les faits les prévisions optimistes de leurs experts. L’attitude impérialiste des institutions financières internationales et des pays les plus industrialisés envers les PED porte atteinte à leur souveraineté au nom d’une certaine « politique d’aide au développement ».

Or, contrairement aux idées reçues, lorsque l’on examine attentivement les balances de flux financiers, on s’aperçoit que c’est le Sud qui finance le Nord et non l’inverse. Sous couvert de développement et de réduction de la pauvreté, la Banque mondiale et le FMI s’évertuent à assurer un enrichissement scandaleux des plus puissants.

Malgré toutes ces attaques contre les peuples, de nombreuses personnes se soulèvent aujourd’hui à travers le monde pour dénoncer cet état de fait. Elles luttent ensemble pour une meilleure répartition des richesses, ouvrant ainsi la voie à de nouveaux espoirs et alternatives (audits de la dette en Equateur, lancement de la Banque du Sud,…).

Nous refusons ce modèle économique inégalitaire et répressif.

Nous exigeons l’annulation totale et inconditionnelle de la dette des PED.

Nous demandons l’abandon des politiques d’ajustement structurel.

Nous demandons l’abolition de la Banque mondiale et du FMI en tant qu’outils géostratégiques d’asservissement des pays du Sud.

CADTM :Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers-Monde

www.cadtm.org



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