La semaine anticoloniale débute aujourd’hui à Paris : Favoriser une vraie réflexion sur le passé colonial

mercredi 20 février 2008
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La semaine anticoloniale, organisée par de nombreuses associations et ONG françaises, sera marquée à partir d’aujourd’hui et jusqu’au 24 février courant, par une série d’activités devant permettre d’"approfondir le débat dans un cadre serein sur la colonisation" comme l’expliquent ses organisateurs.

L’organisation de cette manifestation n’est pas fortuite car s’inscrivant dans une conjoncture particulière marquée par une "relecture partisane et amnésique du passé" et par "le retour en force d’une thématique faisant l’éloge des apports positifs de la colonisation".

Les initiateurs de cette manifestation font référence à "l’amendement scélérat de la loi du 23 février 2005 adopté par l’Assemblée louant le bilan positif de la colonisation", et ajoutent que "pendant plus de quatre siècles, la France a participé à la traite négrière, à la déportation des populations, aux massacres et à l’imposition de sa loi sur de dizaines de peuples dont a elle a pillé les richesses, détruit les cultures, ruiné les traditions, nié l’histoire et effacé la mémoire".

Partant du constat d’une "occultation de la mémoire, de l’histoire de la colonisation française" et des "discriminations touchant aujourd’hui les descendants des colonisés, notamment en ce qui concerne le logement, le travail et l’éducation », les organisateurs de la semaine indiquent que celle-ci a pour objectifs d’" informer sur les enjeux d’hier, d’aujourd’hui et de demain de l’anticolonialisme", de "promouvoir les valeurs de l’anticolonialisme et de l’égalité".

Il s’agit, ajoutent les organisateurs, de "donner une plus grande visibilité à l’anticolonialisme", de "permettre le développement d’une mémoire partagée par tous en organisant une vraie réflexion sur le passé colonial", de "lutter contre l’impunité des crimes coloniaux et les discriminations héritées de l’histoire coloniale".

Le coup d’envoi de cette semaine anticoloniale sera donné samedi après-midi avec un rassemblement à la place des droits de l’homme, au Trocadéro, pour dénoncer les nouvelles formes de colonisation et affirmer la solidarité avec des peuples encore en lutte pour le recouvrement de leur indépendance nationale, de leur territoire occupé et de leurs droits spoliés, à l’exemple des peuples palestinien et sahraoui.

Parmi les points "forts" de la semaine figurent le colloque prévu le 21 février, sur le thème "le colonialisme en France est-il mort ?".

"Il s’agit de faire le point sur le colonialisme, comment il s’est implanté après l’esclavagisme, comment il a tenté de se maintenir et comment aujourd’hui, la droite française utilise cette apologie dans la construction de son projet politique", a expliqué l’historien Henri Pouillot, auteur d’un ouvrage sur les pratiques de la torture par les paras à la sinistre villa Susini, durant la guerre de libération nationale.

Trois tables rondes seront proposées lors de ce colloque qui porteront sur l’implantation du colonialisme, les crimes contre l’humanité commis, les guerres de libération nationales et la relance de l’apologie nostalgie du rôle positif de la période coloniale.

Des universitaires, historiens et animateurs du mouvement associatif prendront part à cette rencontre scientifique.

La semaine anti-coloniale comprend également de nombreuses manifestations dont une "nuit du film colonial", des soirées débats sur les causes justes sahraouie, palestinienne, le combat anti-colonialiste d’hier et d’aujourd’hui, des expositions de photos et de livres.

Une cérémonie de remise du prix "Ishtar" du livre anti-colonial et des prix du "colonialiste de l’année" dans les catégories politique, élu local et intellectuel. Ces "lauréats" seront désignés par un jury associatif et se verront décernés un casque colonial.

Les organisateurs de la semaine ont prévu également un rassemblement, le 23 février, devant le ministère de l’Immigration, pour "dénoncer la création de ce ministère de la honte".

Plus de 70 organisations et associations s’associeront à cette semaine placée sous le thème "agir contre le colonialisme d’hier, d’aujourd’hui et de demain".



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