La gauche et les cités : Enquête sur un rendez-vous manqué

mercredi 20 décembre 2006
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Pendant les révoltes qui ont secoué les quartiers populaires en novembre 2005, la plupart des dirigeants politiques français ont réclamé des jeunes qu’ils cessent de s’exprimer par la violence, qu’ils se comportent comme tout citoyen responsable, déléguant, votant, revendiquant.

Le succès de la première édition de l’ouvrage d’Olivier Masclet (2003) tient à l’originalité d’une enquête de terrain, historique et ethnographique, où nous découvrons comment, dans une municipalité de gauche, un fief communiste de la banlieue rouge, les " militants de cité " ont été progressivement exclus du champ politique local. En montrant que les quartiers économiquement déshérités le sont aussi politiquement, Olivier Masclet, maître de conférences en sociologie à l’université Paris-V, chercheur au CerlisCNRS, nous livre une des clés de compréhension du désintérêt à l’égard des formes traditionnelles de la politique de la part des habitants de ces quartiers voués à la stigmatisation des ouvriers, des pauvres et des Français nouveaux. A rebours des analyses misérabilistes sur les quartiers populaires, ce livre montre que, dans les cités, se produit et se renouvelle un certain rapport à la politique. Malgré trente ans de crise, des porte-parole, souvent issus de l’immigration, continuent d’émerger, susceptibles d’incarner pour la jeunesse de ces quartiers un modèle de mobilisation et de promotion collective par l’action politique. Demeurera-t-on encore longtemps aveugles et sourds à ce qu’ils disent ?



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