Contre-manifestation réhabilitation de l’OAS

jeudi 27 mars 2008
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Les nombreux appels à la morale publique, à la raison, à la dignité de la République sont demeurés vains. Le président du Comité de la Flamme, le préfet de police, les ministères (Intérieur, Défense) et le secrétariat d’Etat (anciens combattants) concernés sont restés sourds à la menace de troubles à l’ordre public née du rendez-vous républicain organisé hier, 26 mars 2008 à 16 h 45, à proximité de l’Arc de Triomphe.

La rencontre a été houleuse entre les quelque 80 participants à ce rassemblement et la trentaine de représentants des familles de victimes de la manifestation du 26 mars 1962, encadrés par d’anciens activistes de l’OAS et soutenus sur place par l’une de ses figures, Armand Belvisi, 84 ans, qui attenta par deux fois, heureusement sans succès, à la vie du Général de Gaulle.

Outre l’Anpromevo et "Les amis de Max Marchand et de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons", l’Association Républicaine des Anciens Combattants (ARAC), "Harkis et Droits de l’Homme", l’Association France-Algérie, la Ligue des droits de l’Homme, le MRAP, l’Association française d’amitié et de solidarité avec les peuples d’Afrique (AFASPA), le Comité "Vérité et Justice pour Charonne", le Collectif Anticolonial.org, "Au nom de la mémoire", le groupe communiste au Conseil de Paris (j’en oublie !) avaient délégué leurs responsables pour exprimer deux sentiments : celui de l’indignation suscitée par le principe même de la présence d’anciens factieux sur le site de l’Arc de triomphe ; celui de la crainte de voir les victimes de la fusillade de la rue d’Isly prochainement distinguées de la qualité de "Mort pour la France", conformément à une promesse du candidat Nicolas Sarkozy à la présidence de la République.

La préfecture de police, même si elle avait déployé un service d’ordre relativement conséquent, a pris le risque de voir dégénérer les incidents oratoires entre partisans et adversaires de la sédition incarnée par l’OAS. La presse elle-même (écrite, AFP, France inter, Canal +) a semblé médusée par la vivacité des plaies dans les mémoires ! Nos adhérentes ont témoigné, en cette circonstance singulière, d’un remarquable courage face à des personnes dans lesquelles elles pouvaient imaginer les assassins de leurs pères ou leurs complices, non identifiés, non jugés et, en tout état de cause, pré-amnistiés.

Voir cette trentaine de représentants de familles des victimes de la manifestation interdite du 26 mars 1962 (ils étaient 200 l’an dernier), précédés par d’anciens activistes - civils et militaires - de l’OAS, se former en un cortége ceinturé par des policiers et traverser la place Charles de Gaulle (puisqu’ainsi elle se nomme !) en direction de l’Arc de triomphe avait quelque chose de surréaliste.

Pour le contexte de cette peu glorieuse commémoration, je vous invite à consulter le lien suivant :

- http://www.ldh-toulon.net/spip.php?...

Voir également :

- http://www.lemonde.fr/web/depeches/...

ainsi que :

http://www.dailymotion.com/HumaWebT... ws

Sous 24 heures, le site Internet du journal L’Humanité (http://www.humanite.fr/) devrait s’enrichir d’une seconde vidéo, étoffée, sur cette fin d’après-midi.

Un dur combat est à engager pour éviter que ne progresse encore le processus de réhabilitation de l’OAS amorcé en début d’année 2005 avec la loi du 23 février. Sont à redouter plus particulièrement les échéances suivantes : attribution de la qualité de Mort pour la France aux victimes du 26 mars 1962 à Alger, avant celles du 5 juillet 1962 à Oran, puis, en apothéose, le maréchalat pour Salan, tel que revendiqué notamment par l’APUMAF.

Merci de votre attention et, si possible, de votre mobilisation continue à nos côtés.

Bien cordialement,

Jean-François Gavoury Président de l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS (ANPROMEVO)



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