Appel à la « Semaine d’action anti-coloniale »

dimanche 8 octobre 2006
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Appel citoyen pour une semaine d’action anti-coloniale

contre le racisme et contre toutes les discriminations.

Le 26 févier 1885, à la conférence internationale de Berlin, au nom de la prétendue mission civilisatrice et humanitaire les puissances occidentales s’entendaient, afin de préserver la paix en Europe, pour dépecer l’Afrique en empires coloniaux.

Le 23 février 2005 l’Assemblée nationale votait un article de loi scélérat sur le bilan positif de la colonisation alors que pendant plus de quatre siècles la France a participé activement à la traite négrière, à la déportation des populations de l’Afrique, a massacré et imposé la loi de l’indigénat et du code noir sur des dizaines de peuples dont elle a pillé les richesses, détruit les cultures et les Etats, ruiné les traditions, nié l’histoire, effacé la mémoire.

En Novembre 2005, le Parlement français votait l’application de l’Etat d’urgence à l’occasion des révoltes urbaines.Il imposait par la même un régime d’exception stigmatisant certaines composantes de la nation, tout particulièrement la jeunesse des "quartiers", réduisant des centaines de milliers de personnes à la catégorie d’ennemis intérieurs. La loi coloniale de 1955 sur l’Etat d’urgence employée de la guerre d’Algérie à la Nouvelle Calédonie a été utilisée directement dans les cités et les quartiers populaires contre ceux qui sont déjà discriminés à l’embauche, au logement, à la santé, à l’école, aux loisirs, et dans leurs représentation politique, contre les premières victimes de l’exclusion sociale, de la précarisation.

Parce que nous sommes contre le kidnapping, la traite négrière, l’esclavage, contre le colonialisme et ses représentations dans la société ; parce que nous sommes contre l’intolérance, contre les injustices, contre l‘exclusion, contre le racisme, contre l’oubli contre l’apartheid.

Nous n’acceptons pas les provocations et les insultes de toutes sortes visant à stigmatiser et à raviver les représentations coloniales et racistes dans la société. Les déclarations publiques promettant de « nettoyer au karcher la racaille et les voyous », la relégation d’une partie de notre jeunesse au statut de « barbares », « sauvageons », « racistes anti-blancs », « communautaristes », « islamistes », « violeurs », « voileurs », « voleurs » sont indignes et dangereuses !

Nous n’acceptons pas le contrôle et la chasse au faciès ; les interpellations et les descentes de police qui sont devenues le lot quotidien de la jeunesse des « banlieues ».

Nous n’acceptons pas le recours à des procédures judiciaires expéditives, voire à une " justice d’abattage ", alors qu’en même temps la même justice prend son temps pour élucider les conditions dans lesquelles sont morts Bouna et Zied à Clichy-sous-Bois.

Nous n’acceptons pas la traque aux parents, accusés de démission, d’irresponsabilité, de polygamie, menacés de suppression des allocations familiales.

Nous refusons toutes les formes de discrimination.

Nous n’acceptons pas l’interdiction et les discriminations, à la représentation et aux responsabilités politiques de citoyens et citoyennes en raison de leur origine, de couleur de peau ou de religion.

Nous n’acceptons pas le traitement inhumain et inique des sans papiers.

Nous n’acceptons pas les charters européens qui, dans des conditions indignes et dangereuses, renvoient dans leurs pays des dizaines de migrants-es, demandeurs-es d’asiles tandis qu’à Ceuta et Melilla, des dizaines d’africains ont été massacrés pour avoir tenté de franchir le mur de la honte de l’Europe forteresse.

Nous refusons la politique néo colonialiste de la France en Afrique, dans les caraïbes comme par exemple au Togo, où elle a cautionné l’assassinat de plus de 400 personnes au printemps 2005, à Djibouti, au Tchad, au Congo Brazzaville, en Côte d’Ivoire et à Haïti. Nous n’acceptons pas la recolonisation économique et sociale à travers les institutions internationales comme le FMI, l’OMC ou la banque mondiale ou les multinationales notamment Bouyghes, Suez,veolia, Total…

Le temps est venu de se mobiliser et d’agir !

Nous appelons tous ceux qui luttent pour l’égalité des droits à participer à la création d’une “semaine anti-coloniale” du 20 au 26 février dans toute la France.

Cette “Semaine anti- coloniale ” qui rassemblera des initiatives concrètes, politiques, artistiques et culturelles sera un vaste forum de discussion où chacun pourra prendre la parole, sans distinction d’aucune sorte.

Cette semaine d’action et de solidarité aura pour objectifs de :

- Exiger la suppression de la loi du 23 février.

- Obtenir la reconnaissance, par le président de la République française, de la responsabilité de celle-ci dans le crime qu’a été la colonisation.

- Exiger la libération des personnes détenues ou emprisonnées lors de la révolte de novembre car ils ont permis de rendre centrale les questions des discriminations et de l’apartheid urbain.

L’éducation nationale, la formation, les politiques culturelles, les politiques thématiques (emploi, logement, santé, etc), les médias doivent contribuer à la pratique de l’égalité de droit pour toutes et tous sans distinction.

- Mettre en place une Commission d’historiens avec audit public sur l’histoire, les crimes contre l’humanité et les mémoires de l’esclavage et du colonialisme afin d’insérer dans la République tous ces héritages, pour la transformer radicalement.

- Demander l’égalité de traitement pour les combattants coloniaux et l’ensemble des « tirailleurs », les parents et les enfants de harkis ;

- Donner la parole aux héritiers des systèmes esclavagistes et coloniaux et à leurs enfants, informer sur les luttes de libération nationales ;

- Mobiliser et informer les jeunes et la population dans les quartiers, les lycées, les universités pour la solidarité internationale et l’égalité des droits pour tous.

Nous sommes des hommes et des femmes qui voulons Diversité, Egalité, Fraternité, Dignité !, Démocratie !, Liberté !, Justice !



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