Architectures de la décolonisation_

lundi 31 octobre 2011
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Projection suivie d’une rencontre avec Manthia Diawara et Marion von Osten.

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Maison Tropicale de Manthia Diawara (58 min, v.o. sous-titrée en français, 2008)

Entre 1949 et 1951, Jean Prouvé reçoit la commande de trois prototypes de maisons préfabriquées destinées aux colonies françaises de l’Afrique de l’Ouest. Une promesse restée sans suite mis à part l’existence de ces trois premières maisons tropicales. Diawara s’est intéressé à ces bâtiments autour desquels l’artiste Ângela Ferreira menait elle-même une enquête. Son film Maison Tropicale offre un regard sur le travail de cet artiste. Mais il se plonge également dans le contexte africain actuel d’où ces maisons ont été démontées au début des années 2000 par des galeristes européens en vue de reventes exorbitantes sur le marché du design contemporain. Par ses interviews de terrain avec les officiels locaux et les anciens propriétaires des maisons, Diawara sonde la permanence de forme de prédations européennes tout comme la place du patrimoine colonial dans la société africaine d’aujourd’hui.

Manthia Diawara. Né à Bamako (Mali) en 1953. Vit et travaille à New York. Ecrivain d’origine malienne installé aux États-Unis, Manthia Diawara est spécialiste de la littérature et du cinéma africain et afro-américain. Héritier des penseurs des black studies tels que Stuart Hall et Paul Gilroy, il a développé ses propres outils liés à la spécificité des expériences vécues par les noirs aux Etats-Unis. Il dirige le département des Africana Studies à l’Université de New York et a réalisé plusieurs films dont un consacré à sa relation d’amitié avec Jean Rouch. Publications : 1993, Black-American Cinema : Aesthetics and Spectatorship ; 1992, African Cinema : Politics and Culture ; 1998, In Search of Africa

A l’espace Khiasma, aux Lilas : http://www.khiasma.net/

Le projet que Marion von Osten, artiste et commissaire allemande, mène en Île-de-France, est la suite de son projet In the Desert of Modernity. Colonial Planning and After (Haus der Kulturen der Welt, Berlin, 2008  ; Abattoirs de Casablanca, 2009) sur Casablanca et le laboratoire colonial que le développement du logement social y a représenté pour l’Europe. La thèse principale de la poursuite de ce projet est que la décolonisation a profondément affecté la structure épistémologique de la pensée ainsi que les pratiques artistiques, traçant le chemin vers le post-modernisme. Il s’agit d’aborder des sujets tels que le cinéma non-aligné, le féminisme, la décolonisation, la pensée post-moderne et la rupture dans les mouvements sociaux à travers la décolonisation. Marion von Osten travaille en collaboration étroite avec des chercheurs/euses de différentes universités et instituts, activistes et artistes d’Île-de-France.

Les chercheurs/euses impliqué/e/s se réunissent lors d’un premier séminaire le 5 novembre 2011 pour discuter de leurs recherches en cours et les partager lors de programmes de films et de conférences (voir la rubrique "Rendez-vous"). Fin 2012, une exposition et une publication réuniront les axes de recherche abordés.

En collaboration avec l’EHESS (École des hautes études en sciences sociales), Paris et l’INHA (Institut national de l’Histoire de l’art), Paris.




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