" Vers un mouvement politique autonome des quartiers populaires..."

par Jamel El Hamri
vendredi 25 novembre 2011
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Bonjour,

Je viens de rédiger un article, suite au forum social des quartiers populaires ( fsqp) qui s’est tenu les 11 et 12 novembre 2011, intitulé :

" Vers un mouvement politique autonome des quartiers populaires..."

Une manière d’enrichir intellectuellement le débat et d’encourager cette dynamique de rassemblement avant les 3 èmes rencontres nationales de l’immigration les 25, 26 et 27 novembre 2011 durant lesquelles un mouvement autonome pourrait être crée.

Lors du dernier forum social des quartiers populaires tenu les 11 et 12 novembre 2011 à l’Université de Saint Denis, plusieurs associations, mouvements ou parti ont débattu autour d’une problématique quasi existentielle : s’unir ou subir d’abord puis elle s’est transformée au fur et à mesure en s’unir ou mourir.

D’emblée, le ton est donné, il sera celui de la prospective afin d’envisager concrètement la création d’un mouvement autonome qui fera converger toutes les luttes spécifiques des acteurs présents au forum. De plus, tous les participants, il faut le noter, ont exprimé le souhait de dépasser leurs querelles du passé.

Durant les échanges, on a pu s’apercevoir qu’il y avait convergence, à quelques nuances près, sur le constat qu’aucune organisation présente ne peut prétendre se suffire à elle même et sur l’urgence de fédérer toutes les forces dans un mouvement autonome.

Une déclaration commune a été élaborée par tous les participants lors de ce forum en vue d’un éventuel accord lors des 3 èmes rencontres nationales des luttes de l’immigration les 25, 26 et 27 novembre 2011. Pour l’instant, il y a une dynamique de rassemblement qui est positive et mature, nous sentons que c’est l’occasion historique pour la réaliser. Cependant, le rassemblement reste fragile malgré tout et il faudra beaucoup de courage, de sincérité et de pragmatisme pour créer ce mouvement tant attendu.

J’aimerais dresser, dans mon propos, une liste non-exhaustive des écueils et des problèmes qui pourraient se présenter devant cette magnifique marche en avant. Nous devrons les résoudre sereinement et méthodiquement, sans sur les surestimer et sans les nier.

Problème de leadership.

Dans un passé très proche, on a pu observer entre les leaders des mouvements des quartiers populaires de la dureté dans leurs rapports. Une culture de l’anathème prospérait et qui consistait à dénigrer les efforts ou les combats de l’autre sous prétexte d’un désaccord sur le fond ou encore la hiérarchisation des priorités. Il faudra, dans le cadre du mouvement autonome, créer un climat de respect, une éthique du désaccord entre militants car si nous voulons réformer la société française, nous devrons d’abord nous réformer individuellement et collectivement.

Problème des spécificités des luttes.

Toutes les organisations ont des spécificités singulières qui fondent leur identité et cela est positif puisque les luttes gagnent en profondeur et en pertinence. Le problème de toute spécificité est que l’on peut perdre de vue une vision globale de la situation et des enjeux. Ce mouvement autonome pourra être le garant de cette vision globale à la condition qu’il ne noie pas toutes ces luttes spécifiques dans des généralités. Une position du juste milieu s’impose afin que tous les acteurs puissent continuer à défendre leurs luttes spécifiques et faire que celles-ci, à travers le mouvement autonome s’insèrent dans un projet politique global.

Problème de transmission.

Au sein de nos quartiers populaires, il y a carence en matière de transmission de mémoires, de luttes qui ont engendré et engendrent toujours le phénomène des générations spontanées. Elles partent de rien, n’ont rien reçu en héritage « militant » et souvent elles s’essoufflent pour finir par disparaître. Au sein du mouvement autonome, il va falloir capitaliser sur toutes les nouvelles énergies qui veulent s’investir dans le champs politique et leur faire une place afin qu’elle puissent avoir un espace d’expression pour leurs revendications spécifiques. Il en va de l’élargissement de la base militante du mouvement. De plus, ce travail de transmission des mémoires et des différentes luttes permettra à la nouvelle génération de s’engager en ayant des « modèles inspirants » franco-français ainsi que de comprendre, aujourd’hui, la nécessité et la pertinence d’un mouvement autonome.

Problèmes des idées et de la pensée.

Ce mouvement autonome fondé par des personnes qui ont, à la fois, des cultures politiques et des références idéologiques différentes se doit d’élaborer une pensée politique autonome. Elle devra la construire de plusieurs manières simultanées :

1. Théoriser les expériences politiques.

2. Débattre entre les membres fondateurs et la base militante.

3. Laisser cours à l’inspiration et la créativité des militants.

4. Entretenir une dialectique entre les actions et les réflexions : un va et vient permanent.

Être réellement un mouvement autonome politiquement implique de retrouver une autonomie dans nos idées et nos pensées.

Problème politique .

Comme le rappelait Said Bouamama, il y a peu de projection stratégique dans nos quartiers populaires et il faudra penser au sein de ce mouvement autonome les orientations qu’on lui donne et les stratégies politiques qu’on lui définit. Quelles types d’alliances ? Avec quelles formations politiques ? Doit on commencer nos actions aux niveaux nationale ou locale ou les deux ? Doit on se constituer en parti politique ? De tout évidence, ce mouvement autonome devra concevoir un projet politique clair dans ses principes, ses objectifs, ses orientations et ses stratégies.

Problème économique.

L’argent étant un nerf important de la guerre, les acteurs du forum peuvent en témoigner. Tous ont fait des sacrifices financiers et personnels qui finissent par user leur motivation militante. Ce mouvement autonome doit préparer un plan d’autonomie économique, c’est à dire trouver des moyens qui lui garantissent sa pérennité et son indépendance mais également qui puissent subvenir aux charges financières ( Permanents, frais de fonctionnement, ect...) afin de gagner en efficacité et en professionnalisme. Il est urgent de mettre en place une politique de dons et de mécénats et d’envisager la création de société ou de coopératives par exemple.

L’autonomie du mouvement se gagnera véritablement sur 3 plans :

1. Politique : avoir notre propre mouvement .

2. Pensée : avoir nos propres idées.

3. Économique : avoir nos propres moyens.

Après cette déclaration commune de ces différentes organisations, la dynamique doit continuer à aller de l’avant même si le chemin sera encore long et qu’il sera semé d’embûches, l’enjeu historique en vaut la peine. A vous de jouer...et des Immigrations

El Hamri Jamel

Etudiant en Master

Civilisation Musulmane

UOC/ IIIT France.



Commentaires

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samedi 31 mars 2012 à 15h41 - par  عالم حواء

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