Alain Juppé

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Avec son rôle, en 1994, dans le soutien de l’État français au gouvernement génocidaire rwandais, ses rapports chaleureux avec Paul Biya - le despote camerounais, sa défense du soutien de la « démocratie » par les armes en Côte d’Ivoire, en passant par ses propos nostalgiques de la puissance impériale française, Alain Juppé a le profil parfait du nominé.

La réponse d’Alain Juppé aux critiques de BHL dans l’avion de retour de Libye en septembre 2011, parlent d’elles-mêmes : « Vous avez dit que j’étais complice des génocidaires du Rwanda. Alors, que sortant d’une réunion des ministres européens en 1994, j’avais déclaré que c’était un génocide » L’argument est court, très court pour sa défense : en tant que Ministre des affaires étrangères à l’époque, il ne pouvait que connaître la préparation de longue date de ce génocide ; il rencontrait au Quai d’Orsay, durant le génocide, son homologue rwandais accompagné d’un extrémiste de la CDR ; il justifiait en juin 1994 la non intervention de la communauté internationale par la théorie du double génocide, avant de lancer l’opération Turquoise (voir nominé Didier Tauzin)...

Lorsque Alain Juppé prend la place de Michèle Alliot Marie au quai d’Orsay en février 2011 en plein « printemps arabe », il parle de tourner la page, non pas pour prendre en considération les intérêts des peuples africains, mais pour s’empresser d’oublier les crimes passés et présents, trop souvent impunis, commis par des régimes autocratiques et leurs alliés français : « [la repentance je connais ! , [...] Quant à la culpabilité : est-ce que la colonisation était un crime ou pas ? Tournons la page !->http://survie.org/billets-d-afrique...] ». Tournons la page, faut-il comprendre : pour pouvoir mieux recommencer ?

Le 6 avril 2011, devant l’Assemblée Nationale, alors que l’armée française en Côte d’Ivoire contribue à imposer par les armes le nouveau président Alassane Ouattara et outrepasse le mandat de l’ONU, par exemple en bombardant le palais présidentiel, Alain Juppé se justifie : « nous sommes aujourd’hui à deux doigts de convaincre M Gbagbo de quitter le pouvoir ». Convaincre par les armes : une méthode classique de la Françafrique !

Si parfois le Ministre se sent obligé d’affirmer que la France soutient le choix des électeurs avant tout , il applique le deux poids deux mesures. Alain Juppé qualifie d’« acceptable » la (mascarade) de réélection au Cameroun de Paul Biya (autre nominé) malgré les critiques fusant de toutes parts : les amis de (très) longue date de la France, on ne peut pas les lâcher du jour au lendemain…



Commentaires

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mercredi 15 février 2012 à 15h03 - par  Henri POUILLOT

Alain Juppé a une autre qualité : il "recommande" au gouvernement algérien de "commémorer avec modération" le 50ème anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie, comme si l’Algérie restait une colonie française.
Il ne faut surtout pas évoquer la responsabilité de la France dans les crimes d’état et crimes contre l’humanité commis jusqu’en 1962.