23 mai, 18h30 Débat à la Villette : Sujet tabou, les réparations liées à l’esclavage !

mardi 22 mai 2012
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Esclavage et réparations, un sujet tabou...

La question des réparations liées à l’esclavage demeure un sujet tabou.

En Outre-mer et dans la société française dans son ensemble, les questions liées à l’esclavage sont encore source de colères tues, de ressentiments (mal) contenus. La traite négrière est l’un des phénomènes qui ont le plus bouleversé l’humanité (conséquences démographiques, politiques, économiques, sociales, culturelles sur trois continents au moins). Elle a eu des conséquences lourdes et durables.

La question des réparations ne date pas d’hier. Ainsi, beaucoup de gens l’ignorent, mais au lendemain de l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises en 1848, des réparations ont été demandées, et octroyées… aux colons. Victor Schoelcher plaida pour que les esclaves reçoivent aussi des réparations. En vain.

Beaucoup ignorent aussi que, pour conserver sa liberté, et ne pas sombrer à nouveau dans l’esclavage, Haïti a dû payer à la France, de 1825 à 1946, un tribut dont le montant est aujourd’hui estimé à plus de 21 milliards de dollars. Les Haïtiens n’ont jamais cessé de demander restitution de cette somme considérable.

Aux Etats-Unis, depuis le XIXe siècle, de nombreuses lois en faveur des réparations ont été proposées, sans succès. Au XXe siècle, cette revendication a sans cesse été portée par le mouvement des droits civiques, et par Martin Luther King, par exemple. Depuis quelques années, plusieurs dispositions ont été prises en ce sens, au niveau local, dans plusieurs villes des Etats-Unis. Depuis plus de 10 ans, la question des réparations a été au cœur du débat public au niveau international. Elle est débattue aux Etats-Unis, au Brésil, aux Antilles, à l’Union africaine, à l’UNESCO, à l’ONU. En France, cette question était, on ne ne le dit pas assez, l’un des enjeux majeurs de la loi Taubira du 10 mai 2001 qui prévoyait, dans sa version originale, des mécanismes de réparation. On l’oublie aussi, mais elle était aussi l’enjeu majeur de la loi du 23 février 2005 sur « le rôle positif » de la Colonisation, qui octroyait de fait des réparations aux anciens colons en Afrique du Nord. A l’occasion du 23 mai 2012, journée consacrée à la mémoire des victimes de l’esclavage, le Conseil Représentatif des Associations Noires (CRAN) a décidé de porter cette question dans le débat public afin que puisse enfin s’engager un processus de réconciliation nationale.

Ainsi, un débat public international est organisé par le CRAN, en partenariat avec Libération, La Villette et Tropiques FM sur le thème des réparations de l’esclavage. Il se tiendra à La grande Halle de la Villette, le 23 mai, de 18h30 à 22h30.

Louis-Georges TIN Président du CRAN

Esclavages et Réparations Le Programme

Accueil par Jacques Martial, président de l’Etablissement public du Parc et de la grande halle de la Villette, et Louis-Georges Tin, président du CRAN

Intervention d’Edgar Morin, philosophe, médaille d’or de l’UNESCO

Table ronde 1 : la question des réparations sur la scène internationale

  • Ali Moussa Iyé, Chef de la section Histoire et Mémoire pour le Dialogue et coordonateur du projet La Route de l’esclave de l’UNESCO
  • Doudou Diène, ancien rapporteur spécial de l’ONU sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie, fondateur du projet La Route de l’esclave de l’UNESCO
  • Mireille Mendès-France Fanon, experte auprès des Nations Unies, membre du groupe de travail sur les Afro-descendants
  • Blaise Tchikaya, président de la Commission de l’Union africaine pour le droit international
  • François Durpaire, historien
  • Maryse Saint-Pierre Cyprien, deuxième secrétaire de l’ambassade d’Haïti
  • Nora Wittman, juriste, experte auprès du MIR (Mouvement International pour les Réparations)

Table ronde 2 : la question des réparations dans l’espace national français

  • Louis-Georges Tin, président du CRAN
  • Jacques Martial, président de l’Etablissement public du parc et de la grande halle de la Villette
  • Françoise Vergès, présidente du Comité pour la Mémoire et l’Histoire de l’Esclavage
  • Claudy Siar, délégué interministériel pour l’égalité des chances des Français d’Outre-Mer
  • Myriam Cottias, historienne, directrice de recherches au CNRS, directrice du CIRESC (Centreinternational de recherches sur les esclavages, acteurs, systèmes, représentations)
  • José Pentoscrope, président du Cifordom

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Commentaires

Logo de ylitteli1981
mardi 4 juin 2013 à 20h51 - par  ylitteli1981

Its counterparts were Behemoth and Leviathan. Immediately after this, he remained in Pallet City to be Professor Oak’s assistant.
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Logo de CM98
jeudi 16 mai 2013 à 00h21 - par  CM98

Bonjour,
J’ai trouvé votre site très intéressant et je pense que cette info vous intéressera.
L’an dernier, ce débat fut de haute tenue, j’y étais. Mais le 23 mai est aussi une date importante pour d’autres raisons.
Comme chaque année depuis 15 ans le 23 mai est la date de la commémoration des victimes de l’esclavage. Cette année, sur le parvis de la basilique de Saint-Denis, en plus du village et des festivités, un monument aux esclaves sera inauguré en présence du ministre des Outre-Mer, d’élus et de personnalités. Sur ce monument seront gravés 213 des noms retrouvés des ancêtres esclaves des personnes connues (Victorin Lurel, Harry Roselmack, etc.) ou inconnues, descendantes d’esclaves. Une première mondiale !
Nous vous attendons nombreux à cette fête dont vous trouverez le programme à : http://www.cm98.fr/images/stories/C...
Bien cordialement, CM98