Une délégation de Bambao et Hambu à la Mamwe : “Nous voulons l’électricité, un point c’est tout”

jeudi 28 février 2013
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28 février 2013

Une délégation de notables des régions de Bambao et Hambu s’est présentée, hier, au siège de Mamwe à Volovolo, pour exiger des solutions aux délestages chroniques qui frappent une grande partie de l’île de Ngazidja. Près de quarante personnes ont été reçues par le directeur général de l’entreprise publique, Oumara Mgomri, assisté par une partie de sa direction.

“Nous sommes venus vous voir monsieur le directeur, pour exprimer la souffrance des populations qui vivent dans l’obscurité tous les jours. Vous saviez très bien que nos principales activités économiques sont à l’arrêt“, a lancé, Mzé Safoine, au nom de la région de Bambao. Pour lui, ce n’est pas tout le monde qui subit les dommages engendrés par la situation de la société mais une partie de la population. Il faut dire, qu’au niveau de l’île toute entière, on connait plusieurs jours, voire des semaines entières, sans courant électrique depuis le mois d’octobre 2012.

“Nos machines se détruisent et nos produits carnés périssent. Il faut qu’une solution soit trouvée au plus vite”, décrit sombrement le septuagénaire. Pour sa part, Chaïhane Saïd Hassan, de la région de Hambu, a rappelé que la raréfaction de l’électricité cause des dégâts matériels et surtout humains importants comme la prolifération des maladies ou encore la détérioration des produits alimentaires.

“Nous sommes sous les nerfs mais nous allons nous retenir. Nous savons peut-être que vous n’êtes pas le responsable mais c’est vous qui devez assumer. Nous exigeons qu’il y ait au moins un programme“, suggère ce représentant de la notabilité de Hambu. Pour cette délégation, l’initiative vise ni plus ni moins qu’à réclamer le droit de tout citoyen à l’électricité.

“Nous savons que vous avez des problèmes mais nous ne voulons rien savoir. Nous demandons seulement l’électricité“, dixit un intervenant qui n’a pas caché son sentiment de frustration. En essayant de porter des éclaircissements, le directeur de Mamwe a passé en revue les problèmes qu’il a rencontré à son arrivée, ainsi que les solutions qu’il a préconisées pour sortir l’entreprise publique du gouffre.

“Pendant le mois de ramadan, les groupes de Mamwe ont été forcés à produire plus que la normale pour satisfaire les besoins de la population, dit-il, avant de poursuivre, c’est ce qui s’est passé, et c’est ce qui a détruit nos groupes“. Pour Mgomri, Mamwe a fait ce qu’elle devait faire. “Nous avons commandé toutes les pièces mais cela peut prendre plusieurs mois avant de nous parvenir à Moroni. Nous avons serré nos ceintures pour faire des économies afin de lancer nos révisions“, tente-t-il d’expliquer.

Sur ce, le patron de la société d’Etat a sollicité la patience de la délégation des deux régions, car, dit-il, “dans deux semaines, l’électricité reviendra dans les régions”. Leignon synergie Comores (Lsc) aurait promis à Mamwe que la centrale d’Itsambuni sera révisée avant le 15 mars. Ce problème de crise énergétique semble, de plus en plus, préoccuper les Comoriens. Au premier rang desquels, le président Ikililou Dhoinine qui ne manque plus une occasion pour exprimer sa préoccupation sur la question. A son retour du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement d’Amérique du sud et d’Afrique, en Guinée Equatoriale, mardi dernier, le président de l’Union a, une fois encore, interpelé la direction de Mamwe sur l’accentuation des délestages électriques.

Il a affirmé avoir accordé un plan d’urgence de 225 millions de francs comoriens pour résorber les urgences de la société nationale. De son côté, la direction de Mamwe reconnait avoir reçu cette somme mais avance qu’il faut bien du temps pour faire acheminer les pièces à Moroni. Une course contre la montre serait engagée pour faire parvenir trois radiateurs, en provenance de la France, dès samedi prochain, par voies aériennes via la compagnie Yémenia Airways.

Toyb Ahmed



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