Collectif des Etudiant-e-s Etranger-e-s de Paris 8

vendredi 12 avril 2013
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JPEG - 16.5 ko Les sans-papiers ne sont pas les bienvenus à Paris 8

Nous, collectifs de sans-papiers en lutte, associations, organisations politiques et syndicales, et personnes qui soutiennent ces luttes, nous associons au collectif des étudiant/e/s étranger/ère/s de Paris 8 pour dénoncer le refus de la présidence de l’université de Saint-Denis de permettre la tenue d’une réunion nationale du collectif « Faut-il mourir pour avoir des papiers ? » entre ses murs, le samedi 13 février 2013.

En tant que collectif des étudiant/e/s étranger/ère/s de Paris 8, nous avions sollicité la présidence de notre université pour la réservation d’une salle, il y a plus d’une semaine. En contact et engagé avec les autres collectifs de sans-papiers en lutte dans le mouvement social national qui exigent un changement de politique en matière de traitement de l’immigration et notamment la régularisation de tous les sans-papiers, il nous paraissait légitime et tout à fait approprié d’accueillir une réunion qui a pour but de nous fédérer sur le plan national.

Ainsi, la présidence de l’université de Paris 8 nous a dans un premier temps signifiés son refus par un mail de deux lignes totalement méprisant, prenant comme prétexte « divers problèmes rencontrés ces dernières semaines dans l’organisation d’événements associatifs sur le campus », sans bien sûr préciser lesquels. Suite à cette décision arbitraire, motivée par des événements qui n’ont par ailleurs pas de rapport direct avec le collectif des étudiant/e/s étranger/ère/s de Paris 8, nous avons de nouveau sollicité la présidence lors d’une réunion, le mercredi 10 avril 2013. Loin de changer d’avis malgré nos arguments légitimes, elle a confirmé son refus, prétextant cette fois-ci un problème de délai administratif pour la réservation de salle, alors que les samedis, de nombreux lieux sont disponibles à l’université.

Le simple fait d’avoir à demander la permission pour accueillir une réunion militante au sein de notre propre université nous semble déjà problématique. Nous partions du principe que la demande de réservation ferait l’objet d’une simple démarche. Essuyer un refus dans de telles conditions est donc proprement scandaleux. Face à notre insistance, par la voix de son directeur de cabinet M. Benjamin Vétélé, la présidence nous a même signifiés qu’elle était maîtresse de ses décisions, aussi incohérentes soit-elle. « Hier je vous dis ça, aujourd’hui je vous dis autre chose, c’est comme ça. Vous ferez cette réunion ailleurs c’est tout », nous a même fièrement annoncé ce dernier.

Nous constatons avec stupeur cette atteinte faite au mouvement des sans-papiers et à la liberté de réunion. La présidence de notre université avait pourtant accepté notre revendication initiale formulée après la constitution de notre collectif, à savoir un dépôt commun de demandes de régularisations des étudiants et étudiantes sans-papiers de la fac de Paris 8 et une aide à la constitution des dossiers. Nous découvrons avec consternation qu’il ne s’agit pour l’instant que d’un soutien de façade. Au-delà du refus de nous mettre à disposition une salle de cours pour la réunion du FMAP, ce sont la plupart de nos demandes qui sont systématiquement rejetées ou repoussées, comme le fait d’être associés aux négociations avec les Préfectures ou d’obtenir des délais clairs sur les démarches engagées.

Nous entendons par ce communiqué dénoncer ce comportement et ce double discours de la présidence. Nous ne souhaitons pas être la vitrine silencieuse de la présidence de la soit-disant « université-monde. » Nous demandons un soutien réel et effectif de la présidence, qui ne peut prétendre au jour d’aujourd’hui être du côté de ses étudiants et étudiantes sans-papiers. Nous sommes des êtres humains, pas de simples dossiers que l’on traitera dans l’ombre, sans savoir ce qui se trame derrière nous et quand nous obtiendrons des réponses. Nous sommes adultes et responsables et nous ne supportons plus d’être infantilisés et censurés par ce type d’agissements. Il est temps d’être honnête. De notre côté, nous le sommes. À la présidence désormais de l’être également, en changeant radicalement son attitude vis à vis de notre collectif et en assumant un réel soutien à notre combat.

Seule la lutte paie !
Régularisation de tous les sans-papiers !

Le collectif des étudiant/e/s étranger/ère/s de Paris 8, le 10 avril 2013
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Signataires :
Association Femmes plurielles, Association des Travailleurs Maghrébins de France, Collectif étudiants solidaires des travailleur/se/s en lutte, Collectif « Faut-il mourir pour avoir des papiers ? », Collectif Palestine Paris 8, CSP 75 (Coordination des Sans-Papiers), CSP 93, CSP 95, Frec Sup CGT, Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires, Nouveau Parti Anticapitaliste, Mouvement Universitaire de Résistance, Solidaires étudiant-e-s syndicats de luttes, Sortir du colonialisme, Union Juive Française pour la Paix, 9ème collectif, CGA93, Dyonisoise



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