La lutte anticoloniale perd l’un de ses pionniers

lundi 22 juillet 2013
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JPEG - 31.1 ko Communiqué de Sortir du Colonialisme :

"La lutte anticolonialiste perd un de ses pionniers"

Henri ALLEG, ce fils de juifs polonais, vient de nous quitter. Il n’a cessé, toute sa vie de défendre ses idées généreuses, humanistes : d’abord la résistance contre le nazisme, puis la lutte contre le colonialisme…

Directeur de "Alger Républicain" dès 1950, membre du Parti Communiste Algérien, il se retrouvera naturellement au côté du peuple algérien dans sa lutte pour l’indépendance. En juin 1957, il sera arrêté à la porte de l’appartement de son ami, le mathématicien, lui aussi membre du PCA, Maurice Audin, par les parachutistes, pendant la Bataille d’Alger. Maurice Audin "disparaitra" exécuté par ses tortionnaires. Quant à lui, Henri sera atrocement torturé. Par miracle, il restera vivant. Il parviendra à rédiger le témoignage de ce qu’il a enduré, témoignage qui sera édité par les "Editions de Minuit" en Suisse sous le titre de "La Question". Cet ouvrage aura un impact considérable dans l’opinion publique : il sera d’ailleurs saisi, interdit en France, mais diffusé de façon clandestine.

C’est des membres de ’l’Appel des 12" (appel aux plus hautes autorités de la France pour qu’elles condamnent la torture pendant la Guerre d’Algérie" qui s’en va. Plus de la moitié sont décédés, sans que cette exigence soit encore reconnue.

François Hollande, en rendant hommage à Henri Alleg, pas plus qu’à Alger, il y a quelques mois, place Maurice Audin ne portera la moindre condamnation de l’institutionnalisation de la torture dont la France porte une terrible responsabilité, y compris au plan mondial.

A sa famille, à ses amis, "Sortir du Colonialisme" exprime ses condoléance et s’engage à poursuivre son combat.



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