Appel à contribution

Grand débat "identité coloniale de la France"
mardi 22 décembre 2009
par  Dou
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Le débat sur l’identité nationale lancé par le gouvernement de Nicolas Sarkozy et mis en œuvre par Eric Besson provoque un légitime sentiment de rejet. L’instrumentalisation politique est évidente à la veille des élections régionales. Une fois de plus, l’Etat prends délibérément les immigrés et les français d’origine étrangère comme boucs émissaire et les utilisent pour rabattre les voix du Front national.

Cette stratégie de stigmatisation d’une partie de la population n’est pas nouvelle mais cette fois ci elle s’appuie sur l’organisation d’un grand débat public devant déboucher sur un rapport et des propositions qui pourraient se transformer en projet de loi. Jamais depuis Pétain, l’Etat français n’avait été aussi loin dans la volonté de définir une « identité » nationale dans laquelle les habitants de ce pays se mouleraient, indépendamment de leurs cultures, de leurs groupes sociaux, de leurs origines.

Nous récusons ce débat tout en sachant que la détermination des autorités à l’imposer aura des conséquences sur l’imaginaire collectif d’une manière ou d’une autre, en particulier dans l’alimentation de la xénophobie d’état, du racisme et des discriminations.

C’est pourquoi, le collectif d’organisation de la Semaine Anticoloniale se propose de lancer parallèlement un alter débat sur un des aspects de l’identité française dont les effets sont visibles, vivaces et déterminantes dans la France d’aujourd’hui. Ils le sont dans les rapports entretenus par la République avec ses anciennes colonies 50 ans après les « indépendances africaines », avec les territoires d’outre mer encore sous la domination de la France dans les caraïbes, le pacifique et l’océan Indien . Mais les séquelles du colonialisme sont encore présents en France Métropolitaine même. La mémoire des guerres coloniales est devenue un enjeu pour les générations qui ont connu la guerre d’Algérie comme pour les générations qui se sont succédés depuis les années soixante et notamment celle des enfants d’immigrés. La question post – coloniale est devenu une question politique et sociale majeure. Traiter de l’identité nationale sans traiter de l’identité coloniale de la République est un leurre.

Si les partisans de la « colonisation positive » qui voulaient l’inscrire dans le marbre de la loi en 2003 considèrent normal et évident de lier l’identité nationale à l’immigration et donc au rejet de l’autre et développent dans tout le pays une stratégie de banalisation du colonialisme (stèles à la mémoires de l’OAS, reconnaissance des « bienfaits » de la colonisation, discours de Dakar sur l’homme africain…) , ceux qui contestent cette vision tronquée de la république doivent pouvoir faire valoir leur point de vue. autour d’axes majeurs de réflexion sur la question coloniale.


Ce débat se veut ouvert, et sans tabou.
 Des premiers axes de travail ont été posés, et regroupés par thème. 
Ces thématiques ont pour vocation de permettre d’initier les échanges, et non de leur poser des limites. Les

questions que nous voudrions pouvoir soulever sont celles ci :

1. Quel rôle la colonisation a t elle eu dans la constitution de l’identité nationale ? la colonisation est - ce vraiment la République ?

2. L’outre mer français est elle une survivance de l’utopie coloniale républicain

3. La crise du modèle français d’intégration trouve – t - elle son origine dans la colonisation ?

4. Quelle est la place de l’héritage colonial dans la politique étrangère de la France : Françafrique, grandeur de la France, syndrome de Fachoda ?

5. Pourquoi cette réhabilitation du passé colonial de la France intervient - elle aujourd’hui ? Quelle est sa signification ?

6. Peut – on parler de fracture coloniale dans les quartiers ?

7. Comment décoloniser les imaginaires, les représentations : Comment déconstruire la figure médiatique de l’autre, de l’étranger, de l’Arabe ou du Noir ? Cette construction médiatique trouve elle soin origine dans l’héritage colonial ?

8. Quel travail faut-il accomplir pour réconcilier la mémoire, la culture et l’identité à la lumière du fait colonial et de ses conséquences ?

Pour travailler sur ces thématiques, nous lançons un site Internet et nous proposons d’organiser notre propre commission d’organisation du débat sur l’identité coloniale de la France. Cette commission rendra un rapport lors de notre semaine anticoloniale du 21 au 28 février.

Nous souhaiterions dans ce cadre avoir des contributions d’environ 10 000 signes que nous pourrions ensuite regrouper dans une publication annexée à notre rapport. Nous souhaiterions bien entendu que soit vous puissiez participer à notre Commission, soit que vous acceptiez d’envoyez une contribution ou que vous soyez auditionné

Le collectif de la Semaine anticoloniale

contact@anticolonial.net




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