SOS Racisme et le MRAP engagent une action en justice contre Le Pen

lundi 8 mars 2010
par  Kamel
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La citation directe, formulée par SOS Racisme devant le tribunal de grande instance de Paris, concerne une affiche diffusée par le mouvement jeunesse du FN – d’abord en région Provence-Alpes-Côte d’Azur et sur son site Internet, et désormais visible partout en France – qui représente une femme intégralement voilée à côté d’une carte de France recouverte du drapeau algérien sur laquelle se dressent des minarets en forme de missiles, avec en titre "non à l’islamisme".

"Sous couvert de dénoncer l’extrémisme religieux, le leader frontiste a très clairement marqué sa volonté de susciter la peur et le rejet à l’encontre de toutes personnes de confession musulmane, mais également des Français d’origine algérienne et des ressortissants algériens vivant en France", juge l’association. La Licra (Ligue contre le racisme et l’antisémitisme), qui réclamait l’arrêt de cette campagne d’affichage du Front national, a été déboutée lundi par le tribunal de grande instance de Marseille.

Le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) a également demandé au tribunal de Nanterre d’interdire les affiches du Front national. Saisi en référé la semaine dernière par le MRAP, le tribunal rendra sa décision vendredi à 14 heures, à deux jours du premier tour des élections régionales. A l’audience, l’avocat du MRAP, Me Khaled Lasbeur, a évoqué un risque d’"émeutes", de "manifestations" et d’"effusions de sang", si les affiches ne sont pas retirées par la justice, des déclarations qualifiées de "totalement exagérées" par l’avocat du FN, Me Wallerand de Saint-Just. "On assimile l’Algérie à l’islamisme, donc au fanatisme", a dénoncé Me Lasbeur, qui a invoqué "la provocation à la discrimination, à la haine et à la violence raciales" pour justifier la demande du MRAP.

"L’affiche n’attaque en aucun cas l’islam ou les musulmans. Elle attaque l’islamisme", lui a répondu l’avocat du FN.



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