Esclavage, colonisation, quelques dates

lundi 11 décembre 2006
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Mars 1685, Promulgation du Code noir (d’après Louis Sala-Molins, « le texte juridique le plus monstrueux qu’aient produit les temps modernes »).

Louis XIV, promulgue à Versailles le Code noir « pour y (dans nos îles d’Amérique) maintenir la discipline de l’Eglise catholique, apostolique et romaine, pour y régler ce qui concerne l’état et la qualité des esclaves ». Il se compose de soixante articles qui gèrent la vie, la mort, l’achat, la vente, l’affranchissement et la religion des esclaves. Si, d’un point de vue religieux, les Noirs sont considérés comme des êtres susceptibles de salut, ils sont définis juridiquement comme des biens meubles transmissibles et négociables. Pour faire simple : canoniquement, les esclaves ont une âme ; juridiquement, ils n’en ont pas.

4 février 1794, Première abolition de l’esclavage. Décret du 16 pluviôse an II (4 février 1794).

"La Convention nationale déclare aboli l’esclavage dans toutes les colonies ; en conséquence, elle décrète que tous les hommes, sans distinction de couleur, domiciliés dans les colonies, sont citoyens français, et jouiront de tous les droits assurés par la Constitution."

17 mai 1802, Rétablissement de l’esclavage par Napoléon Bonaparte.

Après la signature de la paix d’amiens, traité par lequel l’Angleterre restitue la Martinique à la France, le corps législatif signe le 17 mai, la loi sur le rétablissement de l’esclavage.

18 juin 1845, « Enfumades » de la grotte de Ghar-el-Frechih (Algérie)

Pour la conquête totale de l’Algérie, Thomas Bugeaud mena à partir de 1841 une « guerre de ravageur » fondée sur la razzia et la dévastation systématique des régions insoumises et prodiguait comme conseil à ses subordonnés : « Enfumez-les à outrance comme des renards ». Le colonel Pélissier n’hésitera pas à asphyxier plus de 1000 personnes, hommes, femmes et enfants qui s’étaient réfugiés dans une grotte.

27 avril 1848, Abolition définitive de l’esclavage.

Décret du gouvernement provisoire de la IIème République, 27 avril 1848. "Le gouvernement provisoire, considérant que l’esclavage est un attentat contre la dignité humaine ; qu’en détruisant le libre arbitre de l’homme, il supprime le principe naturel du droit et du devoir ; qu’il est une violation flagrante du dogme républicain Liberté, Egalité, Fraternité ; considérant que si des mesures effectives ne suivaient pas de très près la proclamation déjà faite du principe de l’abolition, il en pourrait résulter dans les colonies les plus déplorables désordres, Décrète Art. 1er. L’esclavage sera entièrement aboli dans toutes les colonies et possessions françaises, deux mois après la promulgation du présent décret dans chacune d’elles. (...) Art. 5. L’Assemblée nationale réglera la quotité de l’indemnité qui devra être accordée aux colons. (...) Art. 8. A l’avenir, même en pays étranger, il est interdit à tout Français de posséder, d’acheter ou de vendre des esclaves, et de participer, soit directement, soit indirectement, à tout trafic ou exploitation de ce genre. (...)"

26 Février 1885, Conférence de Berlin : L’Europe met l’Afrique en tutelle

Dans l’acte général, conclu « au nom de Dieu Tout-Puissant », les signataires, puissances européennes, Emipre ottoman et Etats-Unis, se disent « préoccupés [...] des moyens d’accroître le bien-être moral et matériel des populations indigènes ». Derrière des motifs pieux et humanitaires, c’est le dépeçage de l’Afrique qui se prépare.

Un résultat de cette conférence est la reconnaissance de ce qui sera nommé un peu plus tard « Etat indépendant du Congo » et qui était en fait un royaume détenu personnellement par le roi Léopold II de Belgique. L’État indépendant du Congo fut soumis à un régime de terreur, incluant des atrocités tel des assassinats collectifs et des mutilations commises dans le but de contrôler les populations indigènes de la région du Congo, et de procurer du travail forcé (pour l’exploitation du caoutchouc).

2 mai 1899, Massacre de Birni-N’Konni (Soudan-Niger)

La mission Voulet-Chanoine en route vers le Tchad sème la mort sur son passafe. Le 2 mai 1899, ils arrivent au bourg de Birni, dont le chef, qui leur offre des noix de cola, leur refuse six bœufs. En réponse, il ouvrent la muraille au canon et tuent tout ce qu’ils rencontrent. Les 15000 habitants auraient été tués.

16 avril 1917 : Massacre des « tirailleurs sénégalais » au Chemin des Dames.

Recrutés par le général Mangrin, le « broyeur de Noirs », pour « permettre d’épargner dans le mesure du possible du sang français », 51000 hommes en 1915, 120000 en 1916, sont incorporés de force au Soudan, en Haute-Volta, en Côte d’Ivoire sous le nom de tirailleurs sénégalais. En avril 1917, Robert Nivelle et Charles Mangin font attaquer les tirailleurs au Chemin des Dames pour le « premier choc », sous la neige, les obus et la mitraille. 45% des effectifs ne se relèveront pas de cette catastrophe. Robert Nivelle est destitué en mai 1917. A l’assemblée, Blaise Diagne, proteste contre le « massacre » de ses compatriotes. Nommé commissaire de la République, il fera une tournée de février à août 1918 de Dakar à Bamako pour convaincre ses compatriotes d’aller se battre en France, promettant l’attribution automatique de la citoyenneté française à tout titulaire de la médaille militaire et de la croix de guerre. Aujourd’hui encore, les traitements et pensions pour les combattants coloniaux ne sont pas les même que pour les autres...

30 mars 1947, Massace de Moramanga par l’armée française (Madagascar).

En réponse à une attaque d’insurgés, les soldats du camp militaire de Moramanga prennent leur revanche et massacrent la population malgache. Toutes les maisons sont incendiées. Tout ce qui bouge est lardé de coups de baïonnette. En trois jours, des milliers d’indigènes sont tués.

8 mai 1945 : Massacre de Sétif et Guelma.

Pour célébrer la chute de l’Allemagne nazie, des algériens manifestent à Sétif. Bouzid Saal refuse de baisser le drapeau algérien qu’il porte et est abattu par un policier. Cela déclenche une émeute qui sera suivie d’une répression atroce. A Guelma, à l’est de Constantine, le même jour, une manifestation avec drapeaux algériens et alliés en tête, est arrêté. La police tire sur le cortège, il y a 4 morts. Le sous-préfet Achiary décrète le couvre-feu et fait armer la milice des colons. Dans la soirée, les arrestations et les exécutions commencent. L’insurrection se propage avec la nouvelle et la répression fera environ 40000 victimes.

17 octobre 1961, Massacre des algériens par la police parisienne sous les ordres de Maurice Papon.

Le soir du 17 octobre 1961, est organisée une manifestation dans Paris pour protester contre le couvre-feu imposé aux Algériens. Environ 30000 Algériens convergent des banlieues vers le centre. Le rassemblement est pacifique pourtant, coups de crosse, usage des armes, le sang coule en plein Paris, des corps sont jetés dans la seine. Des dizaines d’Algériens sont assassinés par des fonctionnaires de police aux ordres de leurs supérieurs.



Commentaires

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