Pascal Bruckner (Philosophe)

mercredi 21 février 2007
popularité : 4%

- Pascal Bruckner (Philosophe)

« le monde entier nous hait et nous le méritons bien : telle est la conviction d’une majorité d’Européens et a fortiori de Français. Depuis 1945, notre continent est habité par les tourments de la repentance. Ressassant ses abominations passées, les guerres incessantes, les persécutions religieuses, l’esclavage, le fascisme, le communisme, il ne voit dans sa longue histoire qu’une continuité de tueries qui ont abouti à deux conflits mondiaux, autant dire à un suicide enthousiaste. A ce sentiment de culpabilité, une élite intellectuelle et politique donne ses lettres de noblesse, appointée à l’entretien du remords comme jadis les gardien de feu ».

« on déteste l’Amérique parce qu’elle compte. On lui préfère l’Europe parce qu’elle ne représente ni menace ni enjeu. La répulsion constitue un hommage indirect, l’aménité un quasi-mépris

« c’est dur d’être noir. Vous n’avez jamais été noir ? Je l’étais autrefois quand j’étais pauvre

http://www.franceglobal.com/2006/10...

J’ai du mal à écouter Pascal Bruckner non pas parce que, comme Max Gallo et beaucoup d’autres, il dit qu’il en a marre de la repentance et du soi-disant devoir de mémoire mais plutôt parce que pour soulager sa conscience, il choisit de filtrer l’histoire enfin qu’elle reflète l’image idyllique qu’il a de son pays et de l’Europe. J’aime citer lorsqu’on parle du devoir de mémoire, cette très belle expression de Jorge Semprún, « le devoir de savoir » qui est nous rappelle que le devoir de mémoire n’est pas une expression appropriée pour décrire la relation de les jeunes générations doivent entretenir avec l’histoire parce qu’ilne sont pas ceux qui ont commis les actes du passé et qu’il est par conséquent impossible de leur demande de se souvenir de quelque chose qu’ils n’ont pas vécu. Le problème de Bruckner est qu’il est profondément moraliste et que pour se sentir fier d’être Français et Européen, il a besoin de sentir d’avoir une histoire propre. Brucker a desoin de croire que les victimes d’hier ne peuvent en aucun cas dénoncer les abominations de l’histoire parce qu’elles sont devenues des bourreaux aujourd’hui et surtout parce que les actes des colonisateurs les ont « civilisé » en leur apportant une culture et un niveau de vie qu’elles n’auraient pas eu sans la colonisation. Bruckner a donc une vision de l’histoire qui est identique à celle de Rudyard Kipling, ce grand écrivain qui croyait au White Men’s burden, ou fardeau de l’homme blanc il y a plus d’un siècle. D’après cette vistion, certaines civilisations sont inférieures et la civilisation supérieure qu’est la civilisation occidentale ne devrait avoir aucun regret par rapport aux erreurs qu’elle a pu connaître en essayant de faire entrer les sauvages dans la lumière puisqu’après tout sans elle, ils seraient restés des barbares. Lorsque Bruckner parle d’Afrique, il oublie que chaque fait histoire a des conséquences et que l’Afrique après la colonisation n’est pas celle d’avant et qu’elle a été divisée et modulée par les Européens. Il oublie aussi que tous les dictateurs qu’il cite dans son livre, “La tyrannie de la pénitence : Essai sur la masochisme occidental” n’ont existé que parce que l’Afrique est restée une terre où les grands de ce monde s’affrontent en tolérant trop souvent l’intolérable parce que les dictatures donnent une stabilité à ce continent dont les ressources naturelles sont convoitées. Mobutu n’aurait jamais existé si la Belgique, la France et les Etats-Unis n’avaient pas décidé au nom de leurs intérêts nationaux que sa dictature sanglante parce qu’elle stabilisait l’ancien Zaïre valait mieux qu’une démocratie qui fragmenterait le pays et réveillerait des vieilles haines entre des ethnies obligées de vivre ensemble parce que l’ordre colonial les a réunis dans un même pays. Bokassa n’aurait pas existé sans De Gaulle, Pompidou et Giscard. Qu’est que tout cela veut dire ? Cela veut-il dire que la France est un pays indigne et que tous les Français doivent avoir honte de leur pays parce qu’il a été un pays colonisateur et parce qu’il a posé des actes qui ont trahi ses valeurs nobles ? Absolument pas, car si l’histoire rend responsable, elle ne rend jamais ses héritiers coupables. Le problème avec Pascal Bruckner est qu’étant de « gauche » il confond la honte et la culpabilité avec la responsabilité et cette obligation que nous avons tous de respecter l’histoire pour mieux comprendre le présent. Pour Bruckner, le libre arbitre n’a aucune limite et le mérite est la principale chose qui différencie les forts des ébranlés. Cette vision du monde est pour moi inacceptable. Même si je suis très Sartrienne et que je pense qu’on a presque toujours la vie qu’on mérite, je connais aussi la force de l’histoire même si je sais qu’elle n’est pas toute puissante. Je sais que si le statut de victime aide beaucoup de gens à se déresponsibiliser en refusant de prendre en charge leur présent pour pleurer sur les maux de leur passé, le statut de faux rebel patriote sert à faire porter tout le fardeau de la merde de notre monde sur ceux qui en souffrent le plus. Bruckner veut dire aux « siens » de déculpabiliser car ils ne sont ni coupables ni responsables. Moi, je prend la position Camusienne qui est celle de dire nous sommes tous innocents mais aussi tous responsables. Le monde est devenu trop petit pour qu’on continue à parler de l’autre comme d’un être qui devrait vivre le plus loin possible de chez nous pour ne pas polluer notre confort avec sa misère et ses tares. A cause de la mondialisation, il n’y a plus d’autres et la vérité est que si l’Afrique et le Sud restent ailleursland pour l’Occident comme ils le sont pour Bruckner, notre monde sera tiré vers le bas car les ébranlés se rebelleront en refusant d’attendre et d’accepter de n’avoir droit qu’aux restes. En conclusion, si Bruckner a absolument raison de dire Non à la pénitence continuelle et collective, son erreur est de refuser de savoir et d’entendre les cris des gens qui n’ont pas la chance d’avoir la même couleur et la même condition sociale que lui. J’avais un professeur qui, chaque fois qu’un élève arguait qu’il ne voulait pas apprendre l’histoire du Christianisme et l’astronomie parce que la bible le lui interdisait, répondait simplement et crûment, « Just know the shit. (Apprends cette merde !) » C’était une façon de faire comprendre une leçon que nous devrons tout apprendre pour sauver le monde et nos âmes : le savoir est plus important que la mémoire et que les sentiments parce que c’est la seule chose qui nous élève au dessus de toutes nos petitesses et de cette tentation si humaine de détourner les yeux devant ce qui nous dégoûte. Lorsque Socrate choisit de boire la ciguë, il ne le fait pas parce qu’il est coupable ou parce que sa conscience l’empêche de vivre. Il le fait parce qu’il sait qu’il sait et que ce savoir le condamne à assumer la responsabilité de la merde d’Athènes même s’il ne l’a pas créée.

http://revolutiontchad.site.voila.f...



Commentaires

Logo de ergepernaps1974
vendredi 23 août 2013 à 14h40 - par  ergepernaps1974

In the air hindrance fiber respect industry, fabric judgement clothes is methodical adjacent to dread plain-spoken momentous coupled with truly dread car-card purchase substitute categories which inlcudes roughly HostingElite.pl

Logo de endunere1981
vendredi 28 juin 2013 à 17h34 - par  endunere1981

You can undertake a quantity of alternatives for the promotion of your web-site. Choose the ideas that will operate for you, and use them to their fullest.
marketing internetowy Łódź

Logo de pertirareen1978
mercredi 5 juin 2013 à 11h55 - par  pertirareen1978

It took us that extended to accumulate three billion people today. Backpack ground cleaners have four figures of filtration, a micro-filtering device, and 404 sq.
recommended reading