Participez au concours du "colonialiste de l’année"

vendredi 23 février 2007
par  Dou
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Participez à l’election du prix du "colonialiste de l’année" ! Proposez vos propres nominés dans les catégories : politiques, intellectuels ou people....

Fiche de présentation (au format pdf) du concours à diffuser autours de vous :

PDF - 91.3 ko

Dans le cadre de la "semaine anticoloniale", Participez au concours du colonialiste de l’année !

Les représentations et mécanismes institutionnels héritées de notre passé colonial sont ravivés par l’actualité (« croisade » de Bush, guerre en Irak, colonisation en Palestine, menace de guerre contre l’Iran, attentats de sectes type Al-Quaeda etc...). De nombreux politiques et intellectuels fond un véritable « fond de commerce » de ces peurs et représentations. Ainsi, les discriminations, la ségrégation urbaine, les conflits que nous voyons se dérouler ne serait pas le fait du racisme individuel et institutionnel ni le fait des rapports de domination et de l’exploitation Nord/sud, des séquelles de la décolonisation, de la colonisation continuée de la Palestine, mais finalement le fait de « l’autre » qui, du fait de son origine, culture ou religion serait « incompatible » avec la démocratie, la république ou la laïcité...

Pour ce concours qui nous permettra de décerner le prix du "colonialiste de l’année", les nominés pourront postuler sous 3 catégories : Politiques, Intellectuels, People.

Sur le site anticolonial.org ou par email (contact@anticolonial.org), envoyez nous vos nominés nationaux, régionaux ou locaux et participez à augmenter la liste des nominés. Montrons par l’exemple, la part coloniale qui persiste dans les discours et les pratiques.

En cliquant sur chaque photo, retrouver les dires et propos des nominés.

Catégorie Politiques
Christian Vanneste, député du Nord (59) Christian Vanneste Georges Frêche (président PS de la région Languedoc-Roussillon) Georges Frêche Jacques-Alain Bénisti (Député du Val-de-Marne) Jacques-Alain Bénisti
Marine Lepen (membre du Front National) JPEG - 5.4 ko Philippe De Villiers (président du MPF) JPEG - 6.8 ko Nicolas Sarkozy (candidat de l’UMP à l’élection présidentielle) JPEG - 2.9 ko
François Baroin (UMP) GIF - 16.8 ko
Catégorie "People"
Pascal Sevran (présentateur du service public France 2...) JPEG - 62.3 ko Hélène Carrère d’Encausse. JPEG - 2.8 ko
Catégorie "intellectuel"
Alain Finkielkraut (philosophe ) JPEG - 5.4 ko Pascal Bruckner (Philosophe) JPEG - 17.1 ko

Catégorie international

- Denis Sassou Nguesso (Président du Congo Brazzaville)

JPEG - 5.3 ko Quand un président africain célèbre un colonisateur ! Article sur http://www.billetsdafrique.info/Bra...

Le 3 octobre, Denis Sassou Nguesso a inauguré à Brazzaville, en présence d’Omar Bongo et de François Bozizé, un mémorial en hommage à Savorgnan de Brazza, dont la première pierre avait été posée en présence de Jacques Chirac, et dans lequel les dépouilles du premier colon du Congo ont été ré-inhumées (elles étaient précédemment à Alger). Dans l’imagerie d’Epinal, Savorgnan de Brazza apparaît comme un explorateur désintéressé et pacifique, parce qu’il a mis en œuvre une politique coloniale moins sanguinaire que certains de ses contemporains, dont il a même dénoncé les abus. Raison pour laquelle le secrétaire de la fondation Pierre Savorgnan de Brazza, Jean-Marie Kamba, a pu justifier le mémorial en ces termes : " C’est une action utile pour l’Afrique parce que Brazza est un humaniste. " Au cours d’un colloque, pourtant organisé par cette même fondation, des universitaires gabonais et congolais ont émis des doutes dans leur rapport final sur " la pertinence du vocable "humaniste" en ce qui concerne l’entreprise coloniale de l’explorateur Pierre Savorgnan de Brazza, le seul acte de coloniser ne pouvant en soi valoir au colonisateur une telle qualification. " L’AFP relate des propos tenus lors des débats : " En voulant s’approprier le Congo, Pierre Savorgnan de Brazza lance la conquête impérialiste " [Scholastique Dianzinga, de l’université Marien Ngouabi de Brazzaville, citée par AFP, 3/10]. " De Brazza n’était rien d’autre qu’un agent de l’impérialisme colonial, mais il n’était pas aussi brutal que les autres [...] C’est ce qui explique que des colonisés puissent faire l’apologie du colonisateur ", [Anges Ratanga Atoz, historien gabonais, idem]. . Des nuances sans doutes trop subtiles pour Philippe Douste Blazy [1], qui représentait la France, et qui a préféré voir lui aussi en Savorgnan " tout à la fois un explorateur, un visionnaire et un humaniste. " Rien de très étonnant pour celui qui fut l’un des initiateurs de la loi du 23 février 2005. Mais l’hommage au colonialisme est plus inhabituel chez les dirigeants africains[[Mais pas tout à fait inédit : on se souvient de Joseph Kabila déclarant devant le Sénat belge en février 2004 : " L’histoire de la République démocratique du Congo, c’est aussi celle des Belges, missionnaires, fonctionnaires et entrepreneurs qui crurent au rêve du Roi Léopold II de bâtir, au centre de l’Afrique, un Etat. Nous voulons rendre hommage à la mémoire de tous ces pionniers. "], même chez des pantins du néocolonialisme, qui savent se répandre en diatribes anticolonialistes censées replâtrer une légitimité politique à peu de frais. Mais on ne voit pas très bien quel gain politique intérieur peut espérer Sassou à dépenser près de 10 milliards de francs CFA (plus de 15 millions d’euros) pour un somptueux monument climatisé qui a nécessité 500 tonnes de marbre blanc de Carrare, avec statue géante à l’effigie d’un colon, quand la population du Congo dans son immense majorité est démunie de tout. Mais il y a longtemps que Sassou passe outre la population (et l’élimine au besoin), cherchant uniquement à l’Élysée et dans d’autres lieux de pouvoir, la source de sa légitimité. D’où les projets visant d’abord l’opinion publique internationale : mémorial et autre course à la voile [cf. Billets n° 138, AFDP]...

Victor Sègre

- G. W. Bush

JPEG - 10.4 ko Sur wikipédia :

La « guerre au terrorisme » et « l’expansion de la démocratie »

À la suite des attentats terroristes du 11 septembre 2001 à New York et Washington D.C., George W. Bush réunit le pays derrière lui (avec 90 % d’opinions favorables). Il déclare la « guerre au terrorisme » et utilise un vocabulaire contesté par ses détracteurs (« mort ou vif », « croisade » et « états voyous »), mais bien perçu dans une Amérique traumatisée .

Parallèlement aux préparatifs de la guerre contre les Talibans en Afghanistan, qui ont refusé d’extrader Oussama Ben Laden et les membres d’Al-Qaida, Bush instaure une politique de sécurité incarnée par le Patriot Act, voté par le Congrès à l’unanimité en novembre 2001, mais jugé dangereux pour les droits de l’homme par la Fédération internationale des Droits de l’Homme [1].

Thème central de la pensée des néo-conservateurs, l’« expansion de la démocratie » devient le credo et l’objectif officiel de la politique américaine à partir du discours de George W. Bush devant le Congrès en janvier 2002, durant lequel il pointe du doigt les pays dit de l’Axe du Mal qui seraient principalement l’Irak, l’Iran et la Corée du Nord.

Le 17 octobre 2006, George W. Bush signa et promulgua une loi sur les commissions militaires controvorsée autorisant les méthodes dures d’interrogatoire contre les suspects de terrorisme (notamment le programme d’interrogatoires de la CIA), leur détention dans des prisons secrètes à l’étranger et leur jugement par des tribunaux militaires [2].

En 2002, influencé par les théories des néo-conservateurs, George W. Bush évoque la nécessité d’un changement de régime en Iraq, indiquant que les États-Unis ont des raisons de croire que le président iraquien Saddam Hussein possède des liens avec des groupes terroristes et continue de développer un programme d’armes de destruction massive (ADM).

Le 8 novembre 2002, la résolution 1441 du Conseil de sécurité des Nations unies exige du régime iraquien une « coopération active, totale et immédiate » avec les équipes d’inspections dépêchées sur place.

Estimant que les conditions de coopération ne sont pas remplies, George W. Bush donne le signal le 20 mars 2003 d’une invasion militaire de l’Irak en vue de renverser le régime en place. La victoire militaire est acquise rapidement dès le 10 avril et début mai, le président Bush proclame unilatéralement la cessation des hostilités.

George W. Bush fait passer le décret 13303 [3] donnant l’immunité totale aux compagnies pétrolières en Irak, tout procès à leur encontre étant immédiatement considéré comme nul et non avenu aux États-Unis. Cela renforce les accusations d’inféodation de George W. Bush et Dick Cheney aux lobbies de l’industrie du pétrole.

L’ONU

Dès 2001, l’administration de George W. Bush se monstre hostile au multilatéralisme et au fonctionnement de l’ONU (affaire Pétrole contre nourriture, guerre d’Irak sans aval du conseil de sécurité).

L’impact des ouragans Katrina et Rita

Dans une vidéo de visioconférence entre des experts de la FEMA et George W.Bush, les spécialistes alertent le président des problèmes prévus (dégâts importants, ruptures des digues...), ce dernier n’essaie pas d’en savoir d’avantage et répond que tout est prêt pour affronter le danger.

http://revolutiontchad.site.voila.f...

DEBY ET LA FRANCE << la France soutient le président Deby qui a été élu démocratiquement par deux fois, elle salue le fait que l’assemblée Nationale approuve le gouvernement sur la révision de la constitution>> disent ironiquement les politologues français qui refusent de croire au danger Deby. Il serait plus juste de dire que la politique de Deby n’est pas celle de Chirac, et la politique de Chirac n’est pas celle de Deby. Comme je me trouvais dernièrement à Rochefort en France pour participer à un stage de ce qu’on appelle « coopération militaire franco-tchadienne », il m’est arrivé, à plusieurs reprises que des français me demandassent si IDRISS Deby pouvait être considéré comme le Gandhi tchadien. Je me souviens avoir répondu au Capitaine Juin, qui me posait la question, que Deby est le Chef, d’un des regimes les plus sanguinaires de la planète, soutenu par l’Elysée. Ma réponse eut l’air d’étonner le Capitaine Juin, qui laissa tomber la conversation. En réalité, Deby ne ressemble pas au portrait que la France veut nous donner de lui. Malgré le soutien français, IDRISS Deby reste un, des chefs de régimes les plus sanguinaires de la planète. En effet, c’est un homme qui a un grand avenir derrière lui. Que d’occasions perdues ! combien de fois, il aurait pu démocratiser le Tchad, s’il avait su profiter des circonstances favorables ; En dépit de son éloquence, de son succès le 1er décembre 1990 sur Hissein Habré, du soutien de la communauté internationale, de la confiance que les tchadiens lui avaient donnée, Deby n’est pas un césar. J’ai entendu, à paris, un zaghawa, qui fut l’un de ses proches conseillers, donner sur deby ce jugement singulier : << il n’est qu’une femme >>. L’esprit de Deby est réellement un esprit profondément féminin : son intelligence, ses ambitions, sa volonté même n’ont rien de courageux. C’est un homme faible qui se réfugie dans la brutalité pour masquer son manque d’énergie, ses faiblesses surprenantes, son égoïsme morbide, son orgueil sans ressource. Ce qui se retrouve chez presque tous les dictateurs africains soutenus par la France, ce qui est une des caractéristiques de leur manière de juger leurs compatriotes par rapport aux événements, c’est leur jalousie. << la dictature n’est pas seulement une forme de gouvernement, c’est la forme la plus complète de la jalousie, sous tous ses aspects : politique, moral et intellectuel>> disait Curzio. Pourquoi persécute-t-il yorongar ? pourquoi a-t-il incendié publiquement le drapeau français ? pourquoi a-t-il tué Youssouf togoimi ? assassiné joseph Behidi ? Ces tchadiens et ce pays ont aidé Deby a devenir président du Tchad. Celui-ci redoute leur fierté. Comme tous les dictateurs africains, Deby est conduit bien plutôt par ses passions que par ses idées. Son attitude envers ses plus anciens partisans, comme Yorongar, qui l’ont suivi dès son entrée en rébellion contre Hissein Habré, qui ont fait sa gloire et sa puissance, ne peut s’expliquer que par un sentiment dont seuls s’étonneront ceux qui ignorent la nature spéciale du dictateur tchadien : sa psychologie violente et timide. Deby est jaloux de ceux qui l’ont aidé à devenir une figure de premier plan dans la vie politique tchadienne. Il emploie toute sa brutalité pour humilier leur orgueil, à étouffer leur liberté de conscience, à obscurcir leur merite personnel, à transformer ses partisans en serviteur sans dignité. Comme tous les zaghawa du Tchad, Deby n’aime pas ceux qu’il peut mépriser. Son ambition, c’est de pouvoir, un jour, corrompre, humilier, asservir tout le peuple tchadien, au nom de la liberté, de la démocratie, de la gloire et de la puissance du tchad. IDRISS Deby a un type particulier, qui n’est pas celui de l’intègre tchadien. Son type est celui de beaucoup de ses parents zaghawa du Tchad. Il suffit d’entrer dans n’importe quel bureau au camp des martyrs de Ndjamena pour s’apercevoir que la majorité des zaghawa du tchad ressemblent à Deby. D’après ses adversaires, le secret du succès personnel de cet homme qui, sans mériter d’être pris pour n’importe quel zaghawa, possède tous les traits physiques de la médiocrité spirituelle d’un dictateur, ne serait autre chose que son éloquence : sa noble ardente, son pouvoir de corrompre des traîtres. Il ne faut pas faire un grief à Deby d’être arrivé, par sa seule éloquence, à imposer une discipline de fer à de centaines d’hommes recrutés parmi les tchadiens. Il serait injuste de le blâmer d’avoir été capable de persuader un kamougué, un Kebzabo, un Djondang, un Nassour , un kassiré, un Nagoum, etc. puisque ces tchadiens-là, comparés à des femmes de deby parce qu’incapables de poser le vrai problème du Tchad sur le terrain politique face à Deby, ne sont que des peureux, poltrons, matérialistes. Deby réussi toujours à imposer sa dictature personnelle à des traîtres du Tchad. Ainsi, Soumis à une discipline de fer, écrasés par la volonté tyrannique de leur Chef, qui se déclare infaillible et qui exerce, au sein du parti, une dictature inexorable, les député MPS ne sont pas des représentants du peuple tchadiens mais l’instrument aveugle des ambitions de deby. Ces << députés>>, qui rêvaient à la conquête de leur quartier, village ou ville et de se battre, sous le drapeau bleu-jaune-rouge, pour défendre le peuple tchadien à l’Assemblée nationale, se voient réduits à servir les desseins ambitieux et les intérêts personnels d’un politicien éloquent qui ne saurait concevoir la démocratisation autrement que sous l’aspect d’une dictature, d’une interminable suite de massacres, assassinats, vols et pillages de ses propres compatriotes.

OLEH Gnonkreo

http://www.denistouret.net/constit/... Le Monde. 14 novembre 2000. p.11. Le célèbre avocat médiatisé Me Jacques Vergès, l’avocat, notamment, du nazi Klaus Barbie, est le défenseur de trois chefs d’Etat africains qui s’affirment offensés par l’ouvrage de M. Xavier Verschave, Noir silence. Qui arrêtera la Françafrique ?, Les Arènes, 2000 (également l’auteur de La Françafrique. Le plus long scandale de la République, Les Arènes, 1998). Selon le droit positif français actuellement applicable l’auteur risque une amende de 300 000 francs pour chacune des plaintes déposées, et d’éventuels dommages et intérêts. La procédure est automatisée. Dès que les autorités françaises sont sollicitées par un chef d’Etat étranger pour délit d’atteinte à la dignité le parquet doit être saisi et le tribunal correctionnel doit statuer sans débat au fond, sans le moindre examen de la véracité des faits allégués. Une procédure régalienne héritée de la monarchie absolue qui condamnait de mort le crime de lèse-majesté ... Selon M. Xavier Verschave, le président du Gabon, M. Omar Bongo, serait un "dictateur criminel, corrompu et mafieux", le président du Tchad, M. Idriss Déby, serait un "assassin invétéré", et le président du Congo-Brazzaville, M. Denis Sassou Nguesso, est accusé de "crimes contre l’humanité" dans l’exercice de son pouvoir et aurait été complice dans l’attentat contre le DC-10 dont l’explosion en plein vol, en 1989, au-dessus du Ténéré, a coûté la vie à 170 personnes. La 17ème chambre correctionnelle du TGI de Paris doit rendre son jugement les 28 février, 5 et 7 mars 2001. ________________________ Omar Bongo, 66 ans. Président du Gabon, pur produit de la Ve République, il vit son mandat comme une expérience enrichissante. Bingo, Par MARIE-DOMINIQUE LELIÈVRE, Libération, 05 février 2001, p. 48. Omar Bongo en 7 dates, 30 décembre 1935 : Naissance officielle à Lewaï, Haut-Ogooué ; 1952 : Certificat d’études à Brazza ; 1953 : Jeunesses SFIO ; 1958 : Service de renseignement de l’armée ; 1959 : Le Gabon demande à devenir un département français ; 1966 : Vice-président du Gabon aux côtés de Léon M’ba ; 1967 : Il devient président de la République du Gabon ; « Je lui dit : » “Calcule le prix du baril de pétrole, en dollars, calcule combien on a gagné, et combien on nous vole…” Louis-Gaston Mayala a enfilé son habit de cour : complet crème, cravate chatoyante, chaussures d’autruche crème. Sous l’œil de la caméra de surveillance, il a pris position dans le salon VIP du palais de la Rénovation, moquette acrylique à ramages rouge et or. Dignitaire du régime, il s’apprête à patienter des heures pour une audience avec le président Bongo, bercé par Euronews. « C’est triste ce qui se passe en France, dit Mayala. Tout ce que de Gaulle et Foccart ont voulu, on l’a fait. Le Gabon ne voulait même pas de l’indépendance... » Mayala fixe la galerie de portraits qui court le long du mur, gouverneurs et administrateurs de l’Afrique-Equatoriale française. « On nous dit que le patron est corrompu. Pour qu’il y ait corrompu, il faut qu’il y ait corrupteur... » Au milieu de la galerie d’ancêtres blancs une porte s’ouvre sur un minuscule personnage. El Hadj Omar Bongo, président du Gabon depuis trente-quatre ans. Costume Mugler, Omar Bongo traverse la salle du conseil, draperies au kilomètre, glands d’or au poids, salpêtre floquant les plinthes. A main gauche, écrans télévisés. A main droite, album de famille. « C’est le village, ici, dit Paul Toungui, gendre et ministre du Pétrole. Il vit au milieu des siens. » Les photos d’une trentaine de beaux enfants, avec lesquels le Président vient de fêter ses 66 ans, sont les plus proches de sa table de travail Napoléon III. Au fond, les parrains adoptifs. Bongo avec le général de Gaulle, avec Georges Pompidou. En 1977, disco Bongo with VGE, honorant son titre de roi des sapeurs de Brazzaville : veste cintrée et pantalons pattes d’eph,, talonnettes Cloclo. Bongo avec un pape : « 1968. Pour qu’il me reçoive, je me suis fait baptiser. » Bongo et Kadhafi. Là, Albert-Bernard se convertit à l’islam, devient el Hadj Omar. Pseudo Bongo montre des photos de son « frère » Jacques Chirac, à différentes époques. « Chirac n’est plus Chirac », murmure-t-il. Cape sur les épaules, le chef de ce richissime petit pays au cœur de la forêt (pétrole, uranium, manganèse, bois) parle, un œil sur une mosaïque d’écrans. Pour lui plaire, ses proches lui apportent à Libreville des cassettes d’émissions politiques françaises. « Corruption ? Ce mot-là n’existe pas chez nous, en Afrique. » Le « patron » du Parti démocrate gabonais (PDG) rit en bougeant ses petits bras de façon syncopée. « Au classement mondial de la corruption, la France est au 21e rang. Le Gabon n’y figure pas. » Le président du Gabon renvoie à la France un reflet noir. C’est la Ve République qui l’a fabriqué. Albert-Bernard Bongo naît à Franceville vers 1935, benjamin de douze enfants. Son père meurt lorsqu’il a 7 ans, sa mère quand il en a dix. Elevé par ses frères à Brazzaville (Congo), il entre à l’école à 10 ans. « Chez nous, on n’est pas orphelin. On habite chez les uns, chez les autres. » N’empêche que, certains jours, Albert-Bernard ne mange pas : il n’ose pas réclamer à ses belles-sœurs. Lorsqu’au lycée on lui offre de devenir citoyen français, il accepte, car il rêve de devenir... un Blanc. « Nous allions vivre comme des Blancs. Nous ne serions plus des Noirs, nous serions des Blancs ! » A la place, il se fait espion (des Blancs) : un franc-maçon de Fontainebleau, inspecteur général des PTT, l’adopte et l’initie. A-t-il juré sur le Coran ou sur la Bible ? Humour noir : « Sur Talleyrand ou Machiavel... » Postier à Brazzaville, Bongo renseigne les services spéciaux, avant, parrainé par Foccart, de devenir le directeur de cabinet du président gabonais Léon M’ba, auquel il succède en 1967. Plus jeune chef d’Etat au monde, il est la mascotte de l’Etat français. Selon son ancien ami André Tarallo, ex-patron de Elf-Gabon, Elf offrait 3 francs (0,45 euros) par baril de pétrole aux dirigeants des pays producteurs. Soit 420 millions de francs (64 millions d’euros) par an, blanchis au Liechtenstein, une partie arrivant en France par « amitié politique ». D’ailleurs, à l’Okoumé Palace, qu’Omar Bongo a fait bâtir sur le front de mer (par Bouygues), la boutique ne vend que... mallettes et attaché-cases. Omar Bongo n’a qu’un souci : ne pas se faire léser par les pétroliers. « Paul Toungui, mon ministre du Pétrole, est mathématicien. Un professeur d’université. Je lui dit : "Calcule le prix du baril de pétrole, en dollars, calcule combien on a gagné, et combien on nous vole..." » Dans Blanc comme nègre, le livre d’entretiens qu’il a accordés au journaliste Airy Routier (Grasset), Omar Bongo s’explique sur l’emploi de ses fonds avec une ironie grinçante : sa cagnotte finance... la protodémocratie gabonaise. La dernière grève d’étudiants à l’université de Massuku ? Elle lui a coûté 5 millions de francs (760 000 euros). « Les professeurs ? Je paye. Les comices agricoles ? Je paye. La Journée de la femme ? Je paye. Il faut payer, je paye. » Dans un pays qui compte 500 000 Gabonais, Omar Bongo achète chaque opposant. Pirouette de Bongo : « Vous avez vu où vous en êtes, après deux cents ans de démocratie ? Nous, ça fait dix ans seulement... » Le Trésor français, en 1999, a évalué à 5 milliards de francs (760 millions d’euros) le déficit de l’Etat gabonais. Omar Bongo, lui, est riche. A la seule Citibank de New York, le montant de ses économies s’élèverait à 900 millions de francs (137 millions d’euros) 1985 à 1997, selon une enquête du Sénat américain. Bongo justifie l’existence de ces comptes, avec une autodérision qui est sa marque. « Demain, si j’ai un problème aux Etats-Unis, je dois faire du lobbying. C’est très cher... » Et de plisser sa moustache de commandant de CRS. « Regardez la femme, là. Elle est belle, non ? » Si « corruption » n’est pas africain, « virilité » est le premier mot du lexique bongolais. C’est même l’apanage du chef, qui désigne un écran. Au poignet, il porte une montre large comme une facturette, criblée de diams, avec son propre photomaton inscrit sur le cadran noir. La dame en manteau d’hermine sur RTG1, c’est Marie-Madeleine Mborantsuo, présidente de la Cour constitutionnelle. « J’ai deux enfants avec elle », dit Omar, très sex bomb black. Dictateur de poche un brin timide, il est toujours prêt pour un cliché postcolonial. « Toutes ces histoires, Eva Joly - au fond, elle est brave cette femme-là -, la trahison de mon ami Tarallo ne m’ont pas fait autant d’effet que de me faire traiter de "séropositif". » En 1995, le Brummell de Libreville se fait tailler un costume Smalto par des call-girls qui l’accusent de bouder le préservatif. « Terrible. Ma femme venait d’accoucher. » Edith Sassou, sa seconde épouse, fille du dictateur congolais. Médecin... Dans le ciel de Libreville, l’avion du président Konaré (Mali) attend l’autorisation d’Omar Bongo pour atterrir. Sous les palmiers, la garde présidentielle cherche l’ombre. Le granit rouge se dégrafe, livrant le béton brut d’un palais déglingué. Omar Bongo descend une étroite bande de moquette « aiguilletée » rouge, jusqu’à la Bongocedes 600 blindée, cuir perle, qui quitte le boulevard de l’Indépendance, gardes du corps sur marchepieds. Ses ongles vernis reposent sur ses genoux. French manucure.


TGI Paris, 7/8 mars 2001. L’Afrique trouble au tribunal. Trois présidents africains poursuivaient l’auteur du livre « Noir Silence » pour « offense à chef d’Etat ». Par CHRISTOPHE AYAD, Libération, 09 Mars 2001, p. 22. La loi de 1881 interdit au prévenu de présenter la preuve de ce qu’il avance. Des témoins viennent donc assurer de sa « bonne foi ». vec sa moustache tombante, ses lunettes trébuchantes et sa voix de tête, François-Xavier Verschave a l’air d’un professeur Nimbus. Quelle que soit la question posée, il a toujours une fiche, une photocopie, un dossier. Cet homme est un disque dur, une base de données. Rien de ce qui est publié sur les relations troubles entre la France et l’Afrique ne lui échappe. Mais François-Xavier Verschave ne se contente pas d’archiver. Dans le calme de son bureau,il croit dénouer l’écheveau des « réseaux » franco-africains. Le jour, il est un fonctionnaire à la municipalité de Villeurbanne. Le soir, à l’en croire, il démasque barbouzes, trafiquants d’armes, magnats du pétrole. De ses certitudes est né Noir Silence, pavé de 600 pages qui s’est déjà vendu à 26 000 exemplaires. C’est de cet ouvrage qu’il a été question deux jours durant à la XVIIe chambre du tribunal correctionnel de Paris. Son président, Jean-Yves Montfort, s’est offert une plongée en Afrique trouble. Comme à son habitude, il a dirigé les débats avec gourmandise, interrogeant les témoins à la manière de Candide. Il faut dire que la plainte n’était pas banale : trois chefs d’Etat africains, Denis Sassou Nguesso du Congo-Brazzaville, Idriss Déby du Tchad et Omar Bongo du Gabon, poursuivaient François-Xavier Verschave et son éditeur Laurent Beccaria pour « offense à chef d’Etat », en vertu de la loi de 1881. Un anachronisme juridique auquel ont renoncé les présidents français depuis Valéry Giscard d’Estaing. Compil. Tous les chefs d’Etat étrangers n’ont pas ces scrupules : Bébé Doc, Hassan II, la liste n’est pas exhaustive. Dans Noir Silence, Sassou est accusé de « crimes contre l’humanité », Déby de « criminel invétéré » et Bongo de diriger une « démocrature prédatrice ». La loi, qui prévoit jusqu’à 300 000 francs d’amende, interdit au prévenu d’apporter la preuve de ce qu’il avance. Seul moyen de droit : montrer sa « bonne foi ». Verschave et son éditeur ont donc fait comparaître plusieurs dizaines de témoins, afin d’étayer les accusations contenues dans Noir Silence, transformant le prétoire en tribune politique. Lors de la première audience, le tribunal s’est penché sur la guerre civile qui a déchiré le Congo-Brazzaville en 1997-1998. D’après Verschave, cette guerre a été financée par Elf qui a armé son poulain Sassou, responsable de la mort de centaines de milliers d’habitants du Poul, au sud du pays, fief de Pascal Lissouba et de Bernard Kolélas, ses adversaires. Verschave assure aussi que, dans sa fuite, Alfred Sirven serait passé par le Congo. « Vos sources », demande le tribunal. « L’Express », répond-il. Et c’est bien le problème d’un auteur dont les ouvrages sont des compilations plus que des enquêtes. Déballage. Jacques Vergès, l’avocat des trois chefs d’Etat africains, n’a pas manqué de souligner cette faiblesse. Tout comme le fait que Verschave ne s’est rendu en Afrique qu’à trois reprises, pour de courts séjours : en Algérie, au Gabon et au Rwanda. Maigre, pour un spécialiste. L’audience consacrée à Idriss Déby a été l’occasion d’un déballage peu élogieux pour le régime tchadien. « Le président torture personnellement certains opposants [...], il a fait massacrer des femmes et des enfants », a affirmé Ngarléjy Yorongar, ex-ministre du président Hissène Habré qui s’était allié à Déby pour le renverser en 1990. Depuis, Yorongar est passé à l’opposition, il a été incarcéré et se déplace en fauteuil roulant à la suite des « tortures » infligées par les hommes de Déby. Concernant Omar Bongo, les débats ont été plus décousus, intégrant sa vie privée ou ses comptes en banque, suscitant à plusieurs reprises l’hilarité d’une salle remplie de membres de l’association « Survie », présidée par Verschave, arborant des tee-shirts reproduisant la couverture de Noir Silence. Les parties civiles ont demandé un franc symbolique de dommages et intérêts, la censure des passages incriminés et la publication du jugement. La défense a plaidé l’incompatibilité des poursuites avec la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) qui prévoit la liberté d’expression. Le procureur, sans demander la relaxe, a recommandé à la cour de reconnaître la « bonne foi » des prévenus. Jugement le 25 avril. (1) Noir Silence. Qui arrêtera la Françafrique ?, F.-X. Verschave, les Arènes, 598 pp., 145 F.


Le tribunal de Paris juge l’offense à chef d’Etat étranger contraire aux textes européens, Stephen Smith, Le Monde, 27 avril 2001, p. 11 Trois présidents africains déboutés de leurs poursuites. LA 17e CHAMBRE correctionnelle du tribunal de Paris a condamné à la désuétude "l’offense à chef d’Etat étranger". Invoquant ce délit, héritier du crime de lèse-majesté et sanctionné par l’article 36 de la loi sur la presse de 1881, trois chefs d’Etat africains avaient diligenté des poursuites contre l’auteur, François-Xavier Verschave, et l’éditeur, Laurent Beccaria, d’un livre paru en avril 2000, Noir silence, un brûlot fustigeant la France et les "satrapes" dans ses anciennes colonies d’Afrique. Or, mercredi 25 avril, les deux prévenus ont été relaxés et les trois présidents africains, qui s’étaient constitués partie civile, déboutés de leur action. Attendu principal du jugement, le tribunal souligne que la protection particulière que la France accorde aux dirigeants étrangers, au nom de ses "bonnes relations diplomatiques", est incompatible avec la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH), qui prévoit notamment "la liberté des idées et des opinions sans considération de frontière". L’enjeu du procès était de taille. Sur le plan des principes juridiques mais, aussi, en raison de la gravité des accusations formulées contre les présidents du Congo, du Tchad et du Gabon. L’ouvrage de François-Xavier Verschave impute au chef d’Etat congolais Denis Sassou Nguesso des "crimes contre l’humanité", traite le Tchadien Idriss Déby de faux monnayeur et d’"assassin invétéré" et qualifie le régime du Gabonais Omar Bongo de dictature "prédatrice". S’estimant offensés "dans leur dignité, leur honneur et la délicatesse de leurs sentiments", les dirigeants avaient commis les autorités françaises à engager des poursuites. Défendus par Me Jacques Vergès, ils réclamaient l’amende prévue par la loi, 300 000 francs chacun, qu’ils avaient envisagé d’investir dans des encarts publicitaires les innocentant. Pour n’avoir pas osé plaider la diffamation, qui donne à l’auteur assigné la possibilité d’apporter la preuve de ses allégations, les trois chefs d’Etat en sont pour leurs frais. Présidée par Jean-Yves Montfort, la 17e chambre a en effet démoli le "régime dérogatoire" dont ils se prévalaient. Qualifiant l’offense de "formule évasive, d’interprétation malaisée", le tribunal a estimé que l’application de la loi était "imprévisible", un auteur "ne pouvant pas être certain de ne pas entrer dans le domaine de l’interdit". De surcroît, placé dans l’impossibilité d’invoquer la véracité des faits, il se trouvait en "position inéquitable face à l’accusation". Enfin, l’internationalisation juridique consacre "une exigence des sociétés démocratiques", le droit de regard sur le monde entier, sans entraves, sans amalgame entre "la critique acceptable" des actes d’un dirigeant étranger et "l’offense condamnable" de sa personne. LE "DROIT" FACE AU "CYNISME" " C’est le triomphe du droit sur le cynisme, s’est félicité Me William Bourdon, l’un des avocats de François-Xavier Verschave. L’auteur, pour sa part, a estimé qu’un "bastion de la censure-était- tombé".Absent du prétoire, Me Jacques Vergès a annoncé après l’audience qu’il demandait au procureur de la République de faire appel. Mais cette hypothèse est peu vraisemblable, le substitut Lionel Bounan s’étant déjà abstenu, le 7 mars, de soutenir la plainte au regard d’un "livre militant" qui, à ses yeux, méritait "le bénéfice de la bonne foi". Quant aux présidents africains, il n’est pas sûr qu’ils poursuivent une procédure délétère pour leur image, dans le seul but de faire évoluer la jurisprudence en France... Le délit d’offense à chef d’Etat étranger survivra-t-il au désaveu qui vient de lui être infligé ? La réponse appartient au législateur, qui, dans les deux chambres du Parlement, est saisi d’une proposition de loi portant suppression de l’article 36. Le sénateur PS de Belfort, Michel Dreyfus-Schmidt, a en effet déposé, le 12 mars, un texte qui a été repris à l’identique par plusieurs députés Verts. "Auraient-ils dû être poursuivis et condamnés automatiquement en France, ceux qui à juste titre ont tracé des portraits fidèles d’Hitler, Pol Pot, Pinochet, Milosevic et d’autres, alors que ceux-ci étaient en fonctions ?" s’interroge ce texte,


http://www.humanite.presse.fr/journ... TUNISIE Ben Ali compte en France de bien bons amis Jean-Pierre Chevènement a fait, comme beaucoup d’autres, le déplacement à Porto Alegre la semaine passée. Le candidat à la présidence de la République s’est joint au concert de réflexions en faveur d’une autre mondialisation et de l’émergence d’une véritable démocratie citoyenne. Mais Jean-Pierre Chevènement n’en a pas moins posé, il est vrai avec une discrétion peu habituelle, sa différence. C’est qu’il était sans doute l’un des très rares, probablement l’unique, du Forum à avoir fait précéder son voyage au Brésil d’un autre en Tunisie. Et là, le candidat globe-trotter a fait entendre un autre son de cloche. Bien sûr, il s’est préoccupé de " l’ouverture vers le Sud, la solidarité et le codéveloppement ". Mais ce fut pour vanter.aussitôt la Tunisie du général-président Zine el Abidine Ben Ali comme " une oasis de stabilité " disposant de plusieurs " longueurs d’avance " sur la voie du progrès. Les droits de l’homme ? Le sujet, a précisé Jean-Pierre Chevènement à l’issue de sa visite du 7 janvier, relève de la " conversation privée " qu’il a eu avec Ben Ali. Mais le candidat " républicain " - qui a placé cette visite dans le cadre de sa campagne - n’a pas hésité à apporter sa caution en proclamant haut et fort que son hôte " a pris un certain nombre d’orientations très claires ". Alors que la presse française y demeure régulièrement interdite de diffusion, au gré des humeurs du pouvoir tunisien, les déclarations de Jean-Pierre Chevènement ont été diffusées jusqu’à plus soif sur la télévision nationale étroitement contrôlée par le Palais de Carthage. Tant et si bien que cette visite et ces déclarations ont semé la consternation au sein de l’opposition tunisienne, même la plus modérée. Fathi Chamki, le porte-parole d’Attac-Tunisie, n’a pas, pour sa part, digéré le " satisfecit total " ainsi décerné au régime en place : " Dans le temps c’était Séguin et Delanoë. Avec Chevènement, Ben Ali a eu du sang frais. C’est inexcusable car je ne pense pas que M. Chevènement ignore la nature du régime tunisien. " On peut en effet exclure cette hypothèse : le candidat à l’Élysée était ministre de l’Intérieur quand, début 2000, Lionel Jospin a décidé de reporter sine die le voyage officiel prévu. Des prétextes diplomatiques avaient été avancés mais nul ne faisait mystère du peu d’empressement du premier ministre à se compromettre avec un régime policier et tortionnaire. Dans la même période, le PS avait d’ailleurs jugé plus prudent de rompre ses relations avec le parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique, membre de l’Internationale socialiste. • croire que l’ambition de " réunir les deux rives " est décidément sans rivage. Comme l’a observé Fathi Chamki, si Jean-Pierre Chevènement est le dernier en date des amis du président, il n’est pas le seul. Bertrand Delanoë et Philippe Séguin ont certes des attaches particulières et respectables avec la Tunisie, terre où l’un et l’autre sont nés. Mais cette intimité ne saurait tout justifier. Avant même d’être élu à son poste actuel, l’actuel maire socialiste de Paris s’était défendu des accusations de collusion portées à son encontre. Philippe Séguin, haute personnalité du RPR, a, pour sa part, mené la bataille, la croisade pourrait-on dire, contre la presse française, accusée de dénigrer injustement un président tunisien clairvoyant. " Parler de démocratie et vouloir les mêmes systèmes, y compris dans des endroits où vous avez une majorité d’analphabètes et des gens qui crèvent de faim, c’est faire fi de ce que la citoyenneté est la condition d’une véritable démocratie ", n’hésitait pas à justifier l’ancien président de l’Assemblée nationale. Pour un peu, il aurait resservi le plat de la démocratie bourgeoise et de la dictature du prolétaire Ben Ali...renversant. MARC BLACHERE



Commentaires

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mercredi 5 janvier 2011 à 14h11 - par  rithamoore

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mercredi 21 février 2007 à 10h54 - par  Dou

Bonjour,
J’aurais aimé élire quelqu’un que je connais bien et est dans mon entourage professionnel, mais bon, ce n’est pas possible.
Cependant, pour moi, cette personne serait élue sans conteste, car il incarne pour moi la pire espèce de colonialiste : quelqu’un qui vote à gauche, se dit d’obédience plutôt à gauche et qui, sans le savoir et avec les meilleures intentions du monde, pense, parle et agit comme un néo-colonialiste avec ce genre d’esprit que devait avoir certains hommes à l’époque coloniale.

C’est à dire, les gens issus de l’immigration ne me gênent pas, et de toute façon, je les connais bien, ils sont comme ceci et comme cela (on les enferme dans une petite case bien serrée pour qu’ils n’en sortent pas), mais bon, quand même il faut leur apprendre comment il faut faire et les aider car ils ne savent pas, ils sont pas méchants, mais on peut apprendre à les apprivoiser...
Je ne sais pas si mon propos est clair... Pour moi cette façon de penser est la pire de toutes car elle ne se voit pas de prime abord et surtout, elle rejoint la manière de penser de nombreux professionnels (notamment de certains travailleurs sociaux, mais pas tous, évidemment), qui encadrent et travaillent avec des publics "issus de l’immigration" : qu’ils soient jeunes ou vieux, on va se comporter avec ces publics comme s’ils étaient des enfants, immatures et des gens à qui il faut tout apprendre et surtout materner...

Ceci dit, je vais quand même voter : je choisis M. Sarkozy, car pour moi, il représente le danger suprême : il arrive à séduire aussi bien l’électorat de droite, que celui de gauche et flatte ce côté "paternaliste" du colonialiste qui s’ignore. Il flatte le côté "tu seras un homme, mon fils" du colonialiste qui s’adresse à l’enfant d’immigré, en se penchant par dessus son épaule pour lui montrer ce que c’est que la vie. Il flatte ce côté qui est tellement difficile à détecter tout de suite et qui sous-tend déjà, à mon sens, une idéologie ".

Désolée pour cette réponse un peu longue...

merci,

Keltouma,
une indigène

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dimanche 4 février 2007 à 18h06 - par  CAAC - Comores

Le communiqué commence par la phrase ci-dessous :
"Les propos tenus en septembre 2005 par François Baroin, ministre de l’Outre-mer, suggérant qu’il fallait remettre en question le droit du sol au profit du droit du sang dans « certaines Collectivités Territoriales », ont déclenché des défoulements haineux à Mayotte, où des leaders d’opinion appellent les Mahorais à la chasse contre leurs cousins comoriens, qu’ils hébergent ou qu’ils emploient à bon compte grâce au statut de "clandestins", en les désignant comme responsables de tous les maux qui les frappent, et ce dans une large indifférence médiatique (1)."

Pour approfondir , voir le communiqué sur le site de SURVIE :
http://www.survie-france.org/articl...

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samedi 27 janvier 2007 à 12h45 - par  Frédéric

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